Aujourd'hui, Patrick Swayze va rejoindre sa dernière demeure et avec lui s'en va également Johnny, notre dirty dancer préféré qu'on vient de re-regarder pour la 1.000e fois. Il avait mis en émoi les adolescentes et autres pré-pubères des années 80, depuis on avait aussi le coeur qui faisait cocon-cocon quand le musique était plus douce, mais voilà, Johnny s'en est allé et c'est un peu de nous qui part avec lui.
Comme Bébé, on l'avait vu arriver avec sa dégaine de loubard et sa petite mèche rebelle, comme Bébé, nous avions été impressionnées par son déhanché sensuel, son regard de braise et son pantalon moulant. C'était donc ça un vrai mec. Celui qui n'avait pas peur de casser la vitre de sa voiture parce que les clés étaient restées sur le compteur, qui acceptait de porter le tort des autres par amitié, qui n'était ni une brute, ni une lopette. Ah, on y a cru à ce Johnny!
Après les contes de fée de notre enfance, Dirty Dancing nous propulsait dans la vraie vie, là où l'amour tombait certes du ciel mais ne nous emmenait pas directement dans les étoiles. Non, ici, les jeunes ados se prenaient aussi des bides, n'étaient pas des princesses, avaient un physique normal. On s'y retrouvait bien nous, avec notre appareil dentaire, nos brassières et nos gestes un peu gauches et nous aussi on voulait balancer les fesses sur des rythmes endiablés.
Pour une fois, l'héroïne n'était pas une superwoman, non, il fait suer pour atteindre ses objectifs, tout n'était pas parfait mais l'essentiel était de se donner à fond. Une belle philosophie en somme. Côté cœur, on y découvrait que l'amour pouvait rapprocher même les gens les plus opposés, que les mecs aboyaient fort mais avaient le cœur tendre et qu'on pouvait se battre pour celui (et celle) qu'on aime.
Bon, évidemment, nous avons eu quelques désillusions depuis... Rares sont les hommes qui ont un déhanché aussi sexy et c'est bien dommage. Car ça nous plaît, à nous, les mecs qui savent danser, qui remuent du popotin avec classe et élégance.
Seulement, nous ne sommes plus les adolescentes d'hier, nous ne rêvons plus - ou presque - qu'un mec fasse danser les foules pour nous. On a compris que c'était du pipo. Dommage parce que, avouons, ça nous avait fait monter la petite larme et donner le sourire. Mais bon, les mecs ne sont pas devenus danseurs professionnels et nous non plus d'ailleurs.
Par contre, rien ne nous empêche d'aller nous baigner dans les lacs tout habillées et de chanter à notre amoureux: "Now I've had the time of my life, no I never felt like this before, yes I swear, it's the truth and I owe it all to youuuuuuuuuuuuu.....". Oui, les bêtes trentenaires au coeur d'artichaut sont toujours là et qu'est-ce que ça fait du bien ! Allez ce soir, je regarde Ghost.
Caroline Albert



