La parité hommes-femmes laisse à désirer dans l'administration wallonne
Le décret wallon de 2004, modifié en 2007, qui fixe la répartition par genre dans les conseils d'administration n'a pas encore produit ses pleins effets, a expliqué la ministre wallonne en charge de l'Egalité des chances, Eliane Tillieux, mardi en commission parlementaire, annonçant qu'elle allait déposer prochainement au gouvernement wallon une note d'orientation sur la "répartition hommes-femmes".
Dans sa Déclaration de Politique régionale, le gouvernement wallon prévoit un maximum de deux tiers de personnes du même sexe dans les conseils d'administration des organismes et institutions agréés par la Région wallonne.
Dans certains comités, la norme est déjà d'application. Ainsi, le Comité de gestion de l'AWIPH compte 14 femmes sur 37 membres. Même si une phase transitoire doit être respectée, les prochains renouvellements intégraux desdits conseils et comités devront atteindre le but fixé par le législateur wallon, a remarqué Mme Tillieux, dressant un portrait de la situation actuelle dans l'emploi public.
Féminisation partielleIl ressort d'un rapport de l'IWEPS que des disparités apparaissent dans l'équilibre global "homme-femme" lorsqu'on analyse la répartition du genre dans les OIP et l'administration centrale. En effet, les femmes sont plus présentes dans les organismes pararégionaux où elles occupent 62% des emplois, tandis que leur présence descend à 42,6% dans l'administration centrale.
Si la part des femmes est plus importante dans des organismes à caractère social, tels que le FOREM, l'AWIPH, l'IFAPME, celles-ci sont moins présentes dans des institutions où les activités exercées sont plus techniques telles que l'ISSEP ou le PAL qui restent majoritairement masculins. La féminisation plus ou moins marquée de la fonction publique n'apparaît donc que dans certains secteurs d'activités et métiers.
HiérarchieLes fonctions hiérarchiques supérieures sont majoritairement occupées par des hommes. "A l'instar d'autres pays, même si la fonction publique régionale s'est largement féminisée, les fonctions de direction restent majoritairement occupées par des hommes", a noté la ministre, soulignant que les postes hiérarchiques sont occupés par des agents plus âgés et que les nouveaux recrutements permettront probablement un rééquilibrage.
Il ressort en effet des examens organisés par le SELOR entre 2006 et 2009 pour les emplois de niveau A d'informaticien, ingénieur agronome, ingénieur agronome des eaux et forêts, ingénieur architecte, ingénieur électromécanicien, ingénieur en construction, architecte, économiste et juriste, que sur 815 lauréats, 399 sont des femmes.
Les stéréotypes sont encore fort marqués dans la fonction publique. Ainsi, les métiers sociaux sont plus investis par les femmes tandis que les métiers techniques sont plus souvent occupés par des hommes. (belga)