Discriminations entre les travailleuses à temps partiel

Près de la moitié des femmes salariées travaillent à temps partiel et, parmi elles, des discriminations existent en matière de salaire et de temps de travail, révèle une étude de l'Institut du Développement Durable (IDD).
 
En 25 ans, la proportion de salariées à temps partiel a considérablement augmenté. Elle atteignait 49% en 2009 contre 13% seulement pour les hommes. Cette proportion est variable en fonction de la catégorie professionnelle et du diplôme obtenu: elle diminue quand on monte dans l'échelle des professions et de niveau de diplôme.

Risques de précarité
De nombreux indicateurs ont déjà mis en avant le risque de précarité que faisait courir le travail à temps partiel aux travailleurs. Il peut rendre leur situation plus difficile, par exemple s'ils doivent obtenir un prêt hypothécaire, ou compliquer certains choix de vie. Un contrat à temps partiel peut devenir un piège pour une femme que son compagnon quitte, surtout si elle a des enfants à charge.
 
L'étude montre que la proportion de femmes travaillant à temps partiel est d'autant plus importante que les salaires sont faibles dans le secteur et le temps de travail des travailleuses à temps partiel est d'autant plus faible que le secteur pratique de faibles salaires.

Salaires inférieurs
Une salariée à temps partiel dans le secteur de l'énergie travaillera plus d'heures que la moyenne (environ 30) pour un salaire horaire supérieur d'environ 44% alors qu'une salariée à temps partiel dans l'horeca travaillera moins d'heures (environ 20) pour un salaire horaire inférieur de 40% à la moyenne.
 
"Il est clair qu'être une femme entraîne un risque plus grand de se retrouver dans une situation précaire. Mais une différence apparaît en plus entre les femmes qui travaillent à temps partiel. Une femme qui travaille 20 heures semaine pour 7 ou 8 euros de l'heure sous le régime des titres-services sera dans de grandes difficultés si son compagnon s'en va alors qu'une femme qui travaille à 4/5e dans le secteur bancaire, de l'énergie, etc., subira une perte de salaire limitée et sait qu'elle peut revenir facilement à temps plein", a expliqué Philippe Defeyt, auteur de l'étude.
 
Plus d'emplois temporaires
L'étude montre également l'augmentation du travail temporaire. Entre 1983 et 2009, le taux d'emplois temporaires est passé de 5,4 à 8,2%, même si le maximum a été atteint en 2000. La Belgique se situe toutefois en dessous de la moyenne européenne (13,5%) et creuse son écart avec celle-ci. Là aussi, les femmes sont les premières concernées, surtout si elles sont peu qualifiées.
 
L'étude insiste enfin sur les personnes qui déclarent exercer un deuxième travail. En 20 ans, leur proportion est passée de 2 à 4%. Elle est plus de deux fois plus élevée pour les personnes ayant fait des études supérieures que pour celles qui n'ont pas été plus loin que le secondaire inférieur. (belga)
20/08/10 06h11

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