La Commission européenne a lancé mardi une vaste campagne visant à soutenir la lutte contre la discrimination salariale entre hommes et femmes, lesquelles gagnent en moyenne 17,4% en moins en Europe.
Sensibiliser
"Il faut, pour s'y attaquer, une action à tous les niveaux et un engagement de tous les intéressés, des employeurs et syndicats aux autorités nationales, en passant par chaque citoyen", a plaidé mardi le commissaire européen en charge de l'Égalité des chances, Vladimir Spidla.
Cette initiative prendra la forme d'une campagne sur internet, ainsi que par voie d'affiches, et d'encarts publicitaires publiés dans la presse européenne. Un kit d'information sera en outre distribué aux employeurs et syndicats à l'échelon européen et national.
Cette nouvelle campagne européenne intervient alors que l'Europe traverse une profonde crise économique, période peu favorable aux augmentations salariales. La Commission européenne estime toutefois que celle-ci ne peut servir d'excuse pour refuser d'éliminer ce fossé salarial.
Des femmes pour mieux résister à la crise?
"Le fait d'être une femme ne peut servir de variable d'ajustement à la crise", a insisté M. Spidla, jugeant que les employeurs européens auraient tout intérêt à ménager leurs travailleuses.
"Selon une récente étude française, les sociétés financières qui avaient des femmes dans leur conseil d'administration ont mieux résisté à la crise", fait notamment valoir M. Spidla.
"Une étude finlandaise menée auprès de 15.000 PME dirigées par des femmes a par ailleurs montré que celles-ci avaient une efficacité supérieure de 10% à celles des hommes. Les femmes sont donc un atout, et les entrepreneurs doivent utiliser tout le potentiel à leur disposition", a-t-il encore ajouté.
Un bilan loin d'être positif
Selon la Commission européenne, l'écart de rémunération entre hommes et femmes en Europe n'a pas connu d'évolution ces dernières années. Dans certains pays, celui-ci s'est même aggravé.
D'après les statistiques publiées mardi par l'exécutif européen, la Belgique fait plutôt figure de bon élève, la différence de salaires n'atteignant chez nous "que" 9,1% en 2007. Lundi, la FGTB chiffrait, elle, cet écart à 24%.
Partout en Europe, cette discrimination salariale est le fruit de plusieurs facteurs, dont une dévaluation du travail des femmes, les stéréotypes et les traditions, ainsi qu'un équilibre plus difficile pour les femmes entre vie familiale et vie professionnelle.
Menace de pauvreté
"Ces disparités réduisent les revenus des femmes tout au long de leur vie et, partant, leur retraite, ce qui est une cause de pauvreté chez des femmes. Chez les plus de 65 ans, 21% des femmes sont menacées par la pauvreté, contre 16% des hommes", note encore l'exécutif européen.
Seule l'implication de tous les acteurs - employeurs, syndicats, gouvernements nationaux - permettra, selon la Commission, de mettre fin à ces discriminations.
M. Spidla n'a d'ailleurs pas écarté mardi une initiative au niveau européen, mais a conditionné celle-ci aux résultats attendus prochainement d'une étude menée par la Commission sur la question.
Infos: ec.europa.eu/equalpay (belga/acx)
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