Prénommer son enfant Madeleine, Côme ou Irène ne suffit pas lui garantir une mention "Très bien" au baccalauréat, le diplôme sanctionnant la fin des études secondaires générales en France. Mais s'il travaille assidûment, il pourrait retrouver de nombreux homonymes à ses côtés dans le tableau d'honneur, selon un sociologue des prénoms.
Selon les observations de Baptiste Coulmont, chercheur au CNRS et spécialiste de la sociologie des prénoms, plus de 25% des Madeleine, Irène, Côme et Ariane qui ont passé le baccalauréat 2012 ont reçu une mention "très bien".
En outre, à ces prénoms sont associés relativement peu d'échecs au bac, seules 3% des Madeleine devant par exemple passer l'oral de rattrapage.
"Il n'y a bien entendu aucune relation directe entre un prénom et la réussite au bac", avertit le chercheur. Pas de déterminisme non plus entre prénom et capacités intellectuelles: "si les enfants de professeurs, d'instituteurs et de médecins s'appelaient Potiron et Potironne, alors Potiron et Potironne recevraient beaucoup de mentions".
Si relation il y a, elle est indirecte et intimement liée au milieu social des parents. En l'occurrence, Madeleine, Côme et Irène reflèteraient donc majoritairement des prénoms en vogue chez les classes supérieures et les cadres voici environ 18 ans.
De leur côté, les ouvriers et employés ont depuis une trentaine d'années tendance à préférer des prénoms aux consonances "anglo-saxonnes" ou reflétant leurs éventuelles origines étrangères.
Mais attention, une "Madeleine" n'obtiendra pas, dans 18 ou 19 ans, une mention "très bien" avec des chances égales qu'une Madeleine qui avait 18 ans en 2012. Car selon le chercheur, "le monde des prénoms évolue chaque année" et la Madeleine d'aujourd'hui n'est pas celle d'avant-hier.



