"Hook ou la Revanche du capitaine Crochet" (1991)
Quand son père lui demande quels sont ses plans dans la vie, Marianne Power, 34 ans, lui répond: "J'sais pas". A son âge, il avait déjà trois enfants, dirigeait une société depuis dix ans, était propriétaire d'une maison et mettait de l'argent de côté en pensant à sa retraite. Marianne loue un appartement avec sa soeur cadette, elle est célibataire et n'a aucune économie sur son compte en banque. Ses "plans de vie" se résument à ses sorties du week-end prochain.
"Plus jeune, j'imaginais avoir trouvé l'amour de ma vie à mon âge. Mais cela n'est pas arrivé", écrit-elle sur le site du Daily Mail. Elle explique qu'elle fait partie de la "génération Peter Pan", des personnes âgées de 25 à 40 ans qui prolongent leur adolescence et évitent toute forme de responsabilité (mariage, enfants, prêt hypothécaire) aussi longtemps que possible.
"Aujourd'hui, les gens ont peur de se sentir adultes. Ils n'y voient aucun avantage. Toutes les valeurs culturelles de notre société sont basées sur la jeunesse. Plus on s'en éloigne, plus ça nous rend anxieux. Les gens se persuadent que leur comportement immature est synonyme d'insouciance et de liberté, mais il est dicté par la peur", explique le sociologue Frank Furedi.
Marianne estime que sa génération est "suffoquée par le choix". En 2004, Alexandra Robbins et Abby Wilner évoquaient le terme de "crise du quart de siècle", cette terrible anxiété des vingtenaires qui ont le monde à leurs pieds et aucune idée de la direction à prendre. "Nous ne somme pas heureux de notre liberté. La décision de se marier ou pas, de fonder une famille ou non, de voyager ou de se fixer, de garder son job ou d'en chercher un autre, tout ça nous écrase, nous angoisse et nous déprime."




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