Un collectif contre les mutilations génitales à Liège

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Par: rédaction
6/02/08 - 15h27

Créé en octobre par une douzaine d'associations liégeoises, le Collectif liégeois contre les Mutilations Génitales Féminines (CMGF) a profité ce mercredi de la journée internationale de lutte contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF) pour manifester dans les rues de Liège et lancer une campagne de sensibilisation "Stop aux larmes, stop aux lames".

Courantes dans certains pays d'Afrique, les pratiques d'ablation des petites et/ou grandes lèvres du vagin, d'excision du clitoris ou d'infibulation (couture du vagin pour ne laisser qu'un tout petit espace pour l'urine et les règles) sont illégales en Belgique. "Mais il y a des exciseuses en Hollande, explique Jacques Chevalier du CMGF. Et il est donc important de continuer le travail de sensibilisation".

Ce que le CMGF fera sur son blog (http://contre-mgf.skynetblogs.be), mais également en lançant une grande recherche-action, soit un formulaire largement distribué demandant aux gens de réagir à la question. Une manière notamment de se faire une idée du nombre de femmes touchées en région liégeoise.

"Chose difficile", explique le Dr Nathalie Carlier du centre de planning familial Louise Michel, membre du collectif. "Puisque parfois les femmes n'ont pas conscience elles-mêmes d'avoir été mutilées. Elles savent qu'elles sont en souffrance, mais pensent parfois que c'est la norme. Il faudrait par ailleurs aussi former les gynécologues ou les médecins, qui, trop souvent, ne savent pas à quoi ils ont affaire ! " Outre les souffrances physiques et psychologiques liées à la pratique, le Dr Carlier souligne les nombreuses infections et maladies souvent consécutives des conditions d'hygiène déplorables dans lesquelles les opérations sont menées en Afrique.

"De nombreux pays africains mènent désormais des politiques contre l'excision, mais du coup, elle ne peut plus être pratiquée en hôpital dans de bonnes conditions". Par ailleurs, la directrice du centre de planning Claudine Mouvet s'étonne que la pratique de l'excision ne soit pas considérée comme un motif suffisant pour demander l'asile en Belgique: "De nombreuses femmes quittent l'Afrique pour permettre à leurs enfants d'échapper à ces pratiques traditionnelles". (belga)

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