Rachida Dati, du ministère amer à mère célibataire

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Par: rédaction
7/01/09 - 13h00
Le temps de l'entente parfaite.
"Rachida est comme ma soeur".
Quand Sarkozy remet Rachida à sa place.
Une grossesse qui n'a pas encore révélé tous ses mystères.
Déjà de retour au gouvernement.

La Garde des Sceaux française, Rachida Dati, commence l'année sur une note positive avec la naissance de sa fille Zohra, de quoi la réconforter après une année 2008 particulièrement tendue, faite de revers cinglants et de prise de distance par son ancien protecteur, Nicolas Sarkozy.

Fille d'un maçon marocain arrivé en France en 1963 et d'une mère algérienne, Rachida Dati est née le 27 novembre 1965. Elle est la deuxième d'une famille de onze enfants et est la première personnalité issue d'une famille d'immigrés maghrébins à occuper un poste aussi élevé dans un gouvernement français. Sans renier ses origines, la ministre relativise cependant son importance dans sa construction personnelle et elle se considère avant tout comme une fille de France, issue de milieu modeste.

Parcours
Après une scolarité dans une école privée catholique tenue par des Carmélites, la jeune femme tente des études de médecine qu'elle abandonne pour se tourner vers les sciences économiques. En 1992, elle suit les cours du MBA (Master of Business Administration) qu'elle quitte en mai 1993, sans en obtenir le diplôme, "un problème privé l'aurait empêché de suivre le dernier séminaire". Elle obtient en 1996 une maîtrise avec mention passable en droit public, en bénéficiant de la validation de ses acquis professionnels.

En décembre 2002, elle devient conseillère de Nicolas Sarkozy, pour qui elle travaille sur le projet de loi sur la "prévention de la délinquance" au ministère de l'Intérieur. Elle le suivra ensuite au ministère de l'Économie, des finances et de l'industrie. Ce n'est qu'en décembre 2006 qu'elle s'inscrit à l'UMP et devient quasi directement porte-parole du candidat à l'élection présidentielle de 2007.

Proche des Sarkozy
C'est l'heure de la grande entente avec le couple Sarkozy. Cécilia déclarait d'ailleurs à son propos: "C'est plus qu'une amie, c'est ma sœur. Je ne la lâcherai jamais. Je connais tout d'elle. Elle est de la race des seigneurs". Après la victoire aux présidentielles, elle entre dans le gouvernement François Fillon en tant que Garde des Sceaux, ministre de la Justice.

Pourtant, ses premiers mois sont houleux. Son directeur de cabinet démissionne, suivi de trois autres membres, puis son chef de cabinet et deux conseillers techniques. Au même moment, les démêlés judiciaires de deux de ses frères sont révélés dans la presse. Certains la disent "victime d'une campagne injuste" et qu'elle "paie le prix fort d'être la première personne issue de l'immigration maghrébine à accéder à une telle responsabilité gouvernementale". D'autres invoquent, en revanche, le caractère cassant ou autoritaire de la ministre...

Ses compétences sont également mises en doute, la ministre n'aurait "pas été choisie pour ses compétences mais parce qu'elle est une femme et qu'elle est le chouchou du couple présidentiel", sans oublier "qu'elle n'a pas assez d'expérience pour diriger un ministère de cette importance".

Diplômes
C'est alors que l'hebdomadaire l'Express relève que le dossier pour son admission à l'École Nationale de la Magistrature mentionne un diplôme de MBA qu'elle n'a en fait pas obtenu. La polémique fait rage lorsque le Canard Enchaîné publie un extrait de son CV dans lequel la ministre mentionnerait effectivement un MBA. En septembre 2008, Rachida Dati intente un procès à un avocat pour diffamation, pour avoir déclaré lors d'une plaidoirie que la garde des sceaux avait falsifié son CV. Ces poursuites ont été jugées irrecevables, d'après le principe de la liberté de parole des avocats.

Dès le début de l'année 2008, la contestation du monde judiciaire enfle et la Garde des Sceaux affronte la colère des magistrats, des avocats et des élus locaux, unis contre sa réforme de la carte judiciaire supprimant plus de trois cents juridictions en France.

Tensions
On lui repoche ses effets d'annonce et sa politique du "tout carcéral". Les sujets de brouille se multiplient: elle lance et abandonne aussi vite l'idée de confier les divorces à l'amiable aux notaires et évite un blocage des prisons par les surveillants qui se sentent "méprisés". C'est également la rupture avec les magistrats, les juges ne supportant pas ses "atteintes" à leur indépendance. En particulier lorsqu'elle convoque des procureurs généraux ayant obtenu des "statistiques décevantes" sur les peines plancher.

Le 23 octobre, l'ensemble du monde judiciaire descend dans la rue et c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui reçoit les syndicats, la ministre étant priée d'attendre l'autorisation d'y entrer. Une claque sévère pour cette ancienne protégée du président qui ne fait désormais plus partie de son cercle rapproché.

Lorsqu'elle tente de calmer le jeu après la remise en liberté d'un violeur présumé, Nicolas Sarkozy la rappelle à l'ordre depuis Pékin. Alors qu'elle juge "tout à fait régulière" l'interpellation musclée d'un journaliste de Libération, le président annonce une mission de réflexion. Et quand elle estime que l'incarcération possible des mineurs dès 12 ans relève du "bon sens", c'est le Premier ministre François Fillon qui s'y dit "totalement hostile". De quoi être remise fermement à sa place.

Bling bling
Outre ces tensions politiques, la presse évoque régulièrement le caractère autoritaire, voire colérique, de Rachida. Ses dépenses faramineuses ou injustifiées (pour des collants et des produits cosmétiques, parce que "les collants, ça se file, et le maquillage, cela peut servir pour un raccord avant une interview télévisée"). Le Canard enchaîné la qualifie même de "garde des sceaux (à champagne)".

Sans oublier l'affaire de la bague Chaumet "effacée" de son doigt à la une du Figaro. Une attitude qui fait tache surtout en période de vaches maigres...

Amours secrètes
Côté coeur, Rachida Dati s'est mariée en août 1992 avec un homme "avec lequel elle n'avait rien à partager" pour mettre fin aux "pressions" de sa famille. Quatre mois plus tard, elle demandait l'annulation de cette union, qu'elle obtiendra en 1995.

Depuis, rien. Enfin... aucune liaison officielle, malgré sa grossesse. Les rumeurs les plus folles ont donc couru sur l'identité du père de son enfant, allant du premier ministre espagnol José Maria Aznar à François Sarkozy, frère du président. Depuis, la ministre a accouché le 2 janvier dernier d'une petite fille prénommée Zohra (en hommage à sa mère, Fatim-Zohra) et elle a annoncé qu'elle révèlerait bientôt le nom de celui-ci, mystère... En attendant, elle a déjà repris le chemin de son ministère, cinq jours à peine après son accouchement. Sûr que Nicolas Sarkozy appréciera son dévouement...

Caroline Albert

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