La France "choquée" par une loi afghane sur les droits des femmes
La secrétaire d'Etat française aux droits de l'homme Rama Yade s'est déclarée vendredi "profondément choquée" par une loi en Afghanistan qui interdit aux femmes "de quitter la maison sans la permission du mari" et leur "dicte obéissance pour les rapports sexuels".
"Que le président (afghan Hamid) Karzaï ait accepté de signer la loi adoptée par le Parlement afghan est une source de vive inquiétude pour tous ceux et celles qui se battent au quotidien pour les femmes afghanes qui n'ont que trop souffert ces dernières années", déclare Rama Yade dans un communiqué.
"Cette loi comporte des dispositions particulièrement discriminatoires à l'encontre des femmes afghanes, comme celle qui leur dicte obéissance pour les rapports sexuels désirés par le mari, ou encore celle qui leur interdit de quitter la maison sans la permission du mari", dit-elle.
"Je suis profondément choquée par les dispositions" de cette loi "qui rappelle les heures les plus sombres de l'histoire de l'Afghanistan", indique encore la secrétaire d'Etat.
"Je rappelle que le gouvernement afghan s'est engagé à respecter les textes internationaux en matière de droits de l'homme, notamment la convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes", indique encore la secrétaire d'Etat.
Le président afghan a signé cette loi sur la famille en mars, introduisant plusieurs changements au projet préparé par la minorité chiite du parlement.
Le projet de texte que l'AFP à Kaboul a pu consulter indique qu'"il est de la responsabilité de l'épouse d'être prête à satisfaire sexuellement son mari et de ne pas quitter la maison sans autorisation, sauf en cas de besoin ou de difficulté".
Le Canada a exprimé jeudi aux autorités afghanes sa "profonde préoccupation" concernant cette loi. (belga)