Etre coincée dans les embouteillages? Ce n'est pas un problème pour moi. J'ai plein d'activités pour m'occuper...
- Je râle, je rouspète, je ronchonne, j'enrage, je fume, je maugrée, je peste, je boude, je vocifère. Mine de rien, ça m'occupe.
- J'actualise ma page Twitter et mon statut Facebook. 12h02: "Embouteillages rue de Linthout. Je roule à la même vitesse que les tracteurs qui bloquent la route. Lol." 12h05: "Embouteillages toujours. Quel ennui." 12h09: "Chéri, achète du pain, j'aurai pas le temps de passer au magasin à cause des embouteillages."
- Je compte les voitures que je croise. Du même modèle et de la même couleur que moi sinon c'est pas drôle. Un, deux, trois,... quarante-cinq,... cent-trois... (j'ai un modèle de voiture très courant). Tout à coup, un déluge de klaxons me tombe dessus. Merde, je m'étais endormie...
- Je me fais les ongles. Bon, c'est un peu dangereux, on est bien d'accord mais je suis à l'arrêt et mon petit pot de vernis est bien coincé dans le porte-gobelet. Avantage: gain de temps. Désavantage: je ne peux mettre que du vernis transparent. Le rouge, j'en mets partout sauf sur mes ongles, du coup, à l'arrivée, tout est à recommencer.
- Je téléphone. L'oreillette bien vissée dans le pavillon, je cause, je cause, je cause. J'appelle ma soeur, mon ex, mon mec, ma meilleure pote, je raconte ma vie, je répète quatre fois la même chose, j'explique ma situation, je fais tout mon répertoire pour trouver quelqu'un qui est bloqué dans les mêmes embouteillages que moi pour râler de concert. Tiens, je n'ai même pas fini de parler que je suis devant chez moi. Ca a été vite finalement. Ma facture de téléphone se chargera de me dire le contraire.
- Je joue à "tu me vois, tu me vois pas" dans le rétroviseur avec mon passager.
- J'observe les gens qui passent sur le trottoir et je critique silencieusement. Le même jeu qu'en terrasse, l'été.
- Je nettoie mon tableau de bord avec ma salive et mon doigt. Pour une fois que j'ai le temps...
- Je demande au policier qui a l'air de s'ennuyer ferme (pas de circulation à faire puisque tout est bloqué), où il a acheté sa charmante petite veste orange fluo. Il fronce les sourcils, je ris... et me rappelle que je ne sais pas filer en vitesse.
- Je remplis ma déclaration d'impôts. Je coche à pif, les cases qui me plaisent. Une petite voix me rappelle que je ne joue pas à bataille navale. M'en fous, je l'écoute pas.
- Je mange. Du pain et du boursin. Je tartine avec mes doigts (heureusement qu'ils sont là, eux!) et j'évite le vin même si ca donne mieux avec le slogan complet.
- Je chante. Lara Fabian, c'est moi. Je m'époumonne en crispant mes doigts (décidément!) sur le volant. Mon coeur n'arrive pas à suivre la cadence, une fois les trois minutes passées, je suis en nage, essouflée... et ridicule. Les trois mecs de la voiture d'à-côté n'ont rien loupé de mon spectacle. Ils sont morts de rire, moi, morte de honte.
- J'écoute la radio. "Un auditeur nous signale que des centaines de tracteurs bloquent le rond-point Montgomery." Au cas où je n'avais pas compris tiens...
- J'écoute la radio. "Un auditeur nous signale que des centaines de tracteurs bloquent le rond-point Montgomery." Je cherche l'auditeur, il ne doit pas être bien loin.
- Je drague. Ca ne marche que quand il fait soleil. Carreaux ouverts, lunettes de soleil sur le nez pour mater peinard le joli brun dans la voiture d'à-côté. Je jette des regards en biais jusqu'à ce que ça soit lui qui pose ses yeux sur moi et là, je lui adresse mon plus beau sourire dans le style: "oh tu es là toi, je viens de t'apercevoir et dis
donc, tu me sembles bien mignon." Avec un peu (beaucoup) de chance, peut-être trouvera-t-il le temps de me glisser son numéro de téléphone. On peut toujours rêver...
- J'essaie de lire l'affiche "à louer" collée sur la porte de la jolie maison de maître à ma hauteur. J'essaie d'adapter ma vue. J'y suis presque et au moment d'arriver au prix, ça avance de trois mètres.
- Je klaxonne. Ca ne fera pas avancer le schmilblick mais ça me détend. J'aime participer à la cacophonie générale.
Dé.L.



