Un colloque sur le mariage forcé à Charleroi
Des étudiantes et des professeurs de la Haute école provinciale de l'Université du travail (HEPCUT) de Charleroi organisent le 5 mars prochain un colloque, suite au meurtre, en octobre dernier, de la jeune Sadia Sheikh, qui fréquentait leur établissement. La jeune Sadia, âgée de 20 ans, avait été assassinée par son frère en raison de ce qu'on a appelé un "crime d'honneur".
Le colloque aura pour thème "Crime d'honneur, mariage forcé, vie volée". Les organisatrices de l'événement sont les mêmes étudiantes qui avaient rassemblé près de deux mille participants pour une marche dans Charleroi, peu après le meurtre.
Briser le silenceTant les condisciples de Sadia que les responsables de l'établissement d'enseignement ont rappelé le contexte de ce colloque, né parce que le besoin de réagir existait. "Il s'agira d'amener les gens à parler", a dit l'une d'elles, constatant que le silence des jeunes filles constitue une des constantes de ce type de situation. Il s'agit donc de créer des "lieux de paroles", où ces jeunes puissent s'exprimer.
Campagnes préventivesDes réflexions ont déjà eu lieu et des pistes ont été tracées, faites de diverses recommandations, ont expliqué les professeurs: un volet préventif fait de campagnes de sensibilisation, de la mise en place d'un numéro vert 24 heures sur 24, à la façon de Child Focus, la création de structures d'accueil spécifiques, la distribution de brochures informatives, l'identification de personnes de référence dans chaque communauté, etc. Pour ce qui regarde le volet répressif, ils réclament l'application stricte de la loi Onkelinx, applicable depuis juin 2007 et qui punit les mariages et les tentatives de mariage forcés.
En présence d'Anne-Marie LizinLe colloque, qui se tiendra le 5 mars prochain à l'Université du Travail, s'ouvrira par une allocution d'Anne-Marie Lizin, présidente du Conseil des Femmes francophones de Belgique, qui précédera une intervention des condisciples de Sadia.
Intervenants éclairésPlusieurs intervenants se succéderont alors: sociologues, anthropologue, magistrat,... Ils viendront faire part de leur expérience, avant l'évocation d'une série de témoignages venus du monde de l'enseignement, de la Justice et du monde social. (belga/7sur7)