"Binge drinking", quand les ados trinquent

Plus de dix verres d'alcool pour un homme en un temps limité, sept verres pour une femme. Voilà en quoi consiste le "binge drinking", un phénomène traduit par "biture express" et qui s'est largement développé chez les adolescents au cours de ces vingt dernières années.
Qu'importe le flacon, pourvu qu'il y ait l'ivresse...60% des enfants de 11 ans déclarent avoir déjà bu de l'alcool*. Un quart des Britanniques et des Danois de 16 ans reconnaissent avoir été ivres au moins à trois reprises au cours du dernier mois. En Irlande et en Grande-Bretagne, la consommation excessive d'alcool chez les jeunes est considérée comme un véritable problème de santé publique. Si le phénomène n'a pas encore atteint cette ampleur chez nous, il existe cependant bel et bien et a de quoi inquiéter.
"Le "binge drinking" consiste en une consommation frénétique avec une recherche intentionnelle et organisée d'ivresse", explique Philippe Batel, médecin alcoologue. La biture a généralement lieu en petit groupe -une poignée d'adolescents entre 12 et 16 ans-, hors des lieux festifs classiques et le phénomène est essentiellement masculin, excepté au Danemark, en Finlande et surtout au Royaume-Uni, où les filles sont plus nombreuses à se soûler que les garçons.
ViolencesQuant aux risques liés à cette consommation excessive et hyper rapide, ils sont différents de ceux provoqués par une consommation régulière. "Au-delà des accidents de la route ou de sport, le jeune éméché devient la victime idéale de rixes, de manipulations et de violences physiques, morales ou sexuelles", d'après le médecin.
Quant aux causes, elles sont encore floues. Le binge drinking répond très souvent à une situation de détresse vécue par l'adolescent mais il arrive que certains d'entre eux y cèdent alors qu'ils n'ont visiblement aucun problème majeur.
Risque de dépendanceEt si à ce jour aucune étude ne permet de prouver que ce comportement entraînera une dépendance certaine à l'alcool dans le futur, il est en revanche incontestable que plus la consommation d'alcool est précoce, plus le risque de dépendance dix ans après est élevé.
Viktoria Thirionet
*Source: Observatoire des drogues et des toxicomanes.