Hier, on vous parlait de l'importance de la confiance en vous dans votre cadre professionnel. Mais la confiance en soi se travaille aussi et surtout dans toutes vos autres relations: amicales, sociales, amoureuses, familiales.
En général, ces différents domaines sont liés et la qualité de l'un influe sur le moral de l'autre. Cela va de soi, vos relations interagissent et vous sentir à l'aise avec les uns peut vous aider à vous sentir mieux avec les autres. Aussi, il importe d'envisager une amélioration de votre confiance en vous dans une perspective globale.
SOS famille: j'ai toujours été le vilain petit canard
Si l'aplomb se construit principalement au cours des expériences de la vie, l'estime de soi prend tout d'abord sa source dans notre prime jeunesse, au coeur de la cellule familiale. Or, c'est bien souvent là que la bât blesse. Si votre problème d'assurance est permanent et envahit tous les domaines, réfléchissez aux premiers instants où vous avez ressenti cette infériorité: l'essence de votre sentiment remonte sûrement plus loin que vous ne l'imaginiez.
Les psychologues s'accordent à dire que la famille est le berceau de la construction de notre vie d'adulte. Une autorité parentale trop écrasante, des humiliations, une famille trop nombreuse où certains ont eu du mal à trouver leur place, des parents absents ou indifférents, un secret de famille, des attentes immenses centrées sur l'enfant, autant de pressions et de contextes qui peuvent déstabiliser la confiance du futur adulte.
Les cas sont aussi difficiles à définir qu'ils sont multiples. Il n'y a pas une seule et unique raison rationnelle pour avoir commencé à douter de soi durant l'enfance. La place d'aîné peut avoir été difficile à porter avec des responsabilités trop lourdes à tenir, la place du cadet peut être douloureuse, si celui-ci a eu le sentiment de devoir égaler ou dépasser la fratrie. La place des "entre deux" peut leur donner l'impression d'avoir été les plus transparents de la famille. Vous avez la sensation d'être le mouton noir, le vilain petit canard de la famille? Tentez d'en faire part à un membre de votre famille, on parie combien que vous n'êtes pas seul à avoir ce ressenti?
SOS obsession: leurs voix résonnent dans ma tête
Mille situations, mille contextes familiaux, autant de caractères qui s'affrontent et qui influent sur notre façon d'appréhender le reste de notre vie sociale. L'adolescence jouera aussi un rôle clé dans le développement de l'estime de soi, car on vit au cours de cette période transitoire mais déterminante les événements avec une sensibilité à fleur de peau. Autant de raisons qui laissent des marques.
Un premier exercice consiste certainement à apprendre à se détacher du regard de nos parents, de la famille dans son ensemble, ou en tout cas à le relativiser pour mieux le vivre. Se sentir écrasé ou jugé, percevoir la pression familiale comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête peut, même inconsciemment, influencer l'ensemble de notre vie sociale et notre façon d'appréhender tout message à contenu émotionnel. Et surtout notre capacité à nous imposer, à prendre des décisions de notre propre chef ainsi que des initiatives.
Il arrive un âge où il faut réaliser que non, la famille n'a pas toujours raison. Que non, les principes avec lesquels on a été élevé ne sont pas la référence ultime. Il arrive un âge où s'affranchir de la raison et des devoirs familiaux devient essentiel pour pouvoir enfin avancer. Essayez de ne pas considérer l'aval de la famille comme une condition, mais comme un soutien. Essayez de ne pas ajuster vos désirs sur celui de vos parents, à ne plus cantonner vos limites ou vos rêves aux leurs. Laissez glisser les critiques sur vous, ne les prenez plus autant à coeur et ne vous emportez plus, ni devant eux, ni seul chez vous. La démarche est libératrice et rédemptrice. Désormais le premier juge de vos talents ou de vos capacités, c'est vous!
SOS blocage: seul, je n'y arrive pas
Si encore aujourd'hui, votre manque d'aplomb ou votre difficulté à vous affirmer en public reste votre point faible, et si vous ressentez des zones d'ombre liées à votre famille ou des cicatrices mal refermées, il est temps de faire un vrai et profond travail sur vous-même. Votre passif familial est votre tendon d'Achille, prenez-le à bras-le-corps. Et seul, cela paraît souvent insurmontable.
Envisagez de consulter un thérapeute, ne fût-ce que pour élaguer la masse de noeuds qui vous encombrent et vous rendent trop confus. La personne qui n'a pas confiance en elle ne réalise justement pas toujours que son impression de ne pas être à la hauteur ou en tout cas d'être toujours "en dessous des autres" s'est construite sur des événements précis, sur les comportements pathologiques ou simplement inadéquats des autres. Comment apprendre à se déculpabiliser, à dédramatiser son incapacité à être parfait, si on a toujours appris à agir autrement? Comment s'émanciper d'un passif familial si on n'a pas encore conscience de son existence?
Or, comprendre d'où vient un manque de confiance en soi est précisément la seule façon de l'aborder pour s'en débarasser vraiment.
Traiter le souci de manière superficielle est certes une possibilité, mais vous ne ferez finalement que fuir le fond de votre mal et reporter un vrai et incontournable travail sur vous-même. Refouler ne fait que renforcer l'intensité d'une douleur et d'un mal-être qui deviendront de plus en plus pernicieux et s'agripperont de mieux en mieux à votre quotidien. Alors trève de soupirs Caliméro, le soleil est juste là, au bout du tunnel.
Annabel Claix



