Fête des mères: Cette année, Maman, je voudrais te dire...
La Fête des Mères, cette fois vous l'avez retenu, c'est dimanche. Encore un peu de temps devant vous pour lui trouver un gentil petit présent ou lui dégoter une jolie attention. Mais aussi le temps de savoir ce qu'on a envie de lui dire, à notre maman, après ces nombreuses Fêtes des Mères...
Pas grand-chose, dans un premier temps, à part "Bonne fête". Mais maintenant qu'on y pense, on voudrait peut-être bien lui dire aussi:
- Tu es toujours aussi belle. Je ne sais pas comment tu fais pour si bien surfer sur les années qui passent. Plus que jamais, je veux te ressembler.
- Et si tu pensais un peu à toi?
- Dix-huit ans que j'ai quitté la maison, et je me demande toujours comment tu fais pour gérer Papa. J'aurais jamais pu. C'est une médaille pour la Fête des Epouses qu'il te faut.
- J'en ai marre du dindonneau à l'estragon et des croquettes le dimanche. Je n'en peux plus. Pourquoi toujours le même? Je vais finir par faire une allergie.
- Qu'est-ce que je ferais sans toi?
- Trop de soleil tue le soleil. Sur une peau mature, on voit les dégâts que ça aura causé en quelques années de bains de soleil. C'est vrai que le banc solaire, j'arrête tout de suite, ça vaut mieux.
- Je t'admire. Avec tout ce que tu as traversé, avec tout ce que tu as enduré, tu es restée attentive et chaleureuse. Tu n'as jamais oublié les autres.
- T'étais mieux avec papa. Ce type est un abruti. Tu veux un nouvel amoureux pour la Fête des Mères?
- Je suis tes recettes à la lettre. J'achète les mêmes ingrédients exactement dans les mêmes magasins. Je m'applique mieux chaque fois. J'utilise les mêmes casseroles. J'ai acheté une cuisinière au gaz comme toi. Et mes petits plats n'ont jamais le même goût que les tiens. Tu mens sur quelque chose, avoue.
- Je t'en veux. Je m'en veux que ça soit le cas, mais je t'en veux. Je suis mal dans ma vie et mes baskets, et quelque chose d'indescriptible me dit que tu es liée à tout ça.
- Arrête le satin rose fushia. Et le rouge à lèvres assorti. Please.
- Mais enfin comment tu fais? Tu travailles encore, la maison est toujours impeccable, tu t'occupes de tes petits-enfants, tu as des amis, tu t'intéresses à mille choses. Comment tu cases tout ça dans une journée? Ca me désespère.
- Au moins je sais ce qui m'attend si je surveille pas ma ligne.
- Tu as eu raison. Tu as changé de vie, tu as rué dans les brancards, tu as bravé les interdits. Je n'ai pas toujours compris tes choix. Mais tu m'as toujours donné l'exemple d'une femme qui s'assume, et qui assume ses actes. Pour ça, je te dois bien un merci.
- Je ne te demande pas ton avis. En 2009, pas la peine de me le donner.
- Le coup des grosses lunettes rondes en écaille et du chemisier à grande collerette à carreaux sur la photo de classe, je ne te le pardonne pas. Pas encore. Facebook m'a rappelé à quel point je t'en voulais encore.
- Tu m'écoutes quand je te parle? Ca t'intéresse ce que je dis?
- Je me rends compte avec le recul que j'ai été excécrable, insupportable, infâme. Je t'en ai fait voir de toutes les couleurs. Et ça n'a pas dû être facile tous les jours. Je suis désolée.
- Et si tu lâchais un peu Papa, comme cadeau de Fête des pères?
- Si, mes enfants sont bien élevés. Tout comme ceux de la voisine. Tout comme ceux de ta soeur. Tout comme beaucoup d'enfants qui ne sont pas les tiens. Tu n'as pas le monopole de l'éducation.
- Tu avais raison. Cet homme-là n'était pas fait pour moi.
- Ca t'arrive d'arrêter de critiquer, râler, te plaindre? Parce qu'en trente-quatre Fête des Mères, j'ai toujours le même bilan, et ça m'attriste.
- Une hirondelle ne fait pas le printemps. Qui dort dîne. Crétin un jour, crétin toujours. Une personne qui connaît les proverbes ne peut pas être mauvaise. Je sais, je les connais par coeur, plus besoin de me les répéter.
- Tu me manques cruellement. Et j'aurais dû profiter plus de t'avoir près de moi.
- "- Oh des fleurs merci chérie, tu es adorable! - De rien Maman, avec plaisir" (Vu que tu ne le dis pas de toi-même, je fais le dialogue toute seule)
- Et si on faisait la paix? Il y a prescription maintenant, non?
- Maman je l'aime, alors s'il te plaît, arrête de le regarder comme si c'était un demeuré ou un moins que rien. Il me rend heureuse, ça ne te suffit toujours pas pour l'apprécier un peu?
- Arrête de dresser la liste exhaustive des défauts de Mamie. Parce que devant un tel portrait, c'est toi, que tout le monde voit.
- Cette année, si on coupait le cordon?
- Merci pour tout. Sans toi je n'aurais jamais pu devenir tout ce que je suis aujourd'hui. Je t'adore.
Annabel Claix