Les engrais utilisés dans les cultures fourragères pour l'alimentation des bovins produisent le plus puissant des gaz à effet de serre responsables du changement climatique.
Réduire de 50% la consommation de viande dans les pays développés permettrait de réduire le changement climatique, selon une nouvelle étude. Les engrais utilisés dans l'agriculture sont en effet responsables d'une part importante du réchauffement.
Cette étude, publiée dans "Environmental Research Letters", tire la sonnette d'alarme: des changements drastiques sont indispensables dans la production alimentaire et dans les habitudes de consommation si on veut éviter un réchauffement catastrophique de la planète.
Un puissant gaz à effet de serre
Le protoxyde d'azote, libéré par les engrais et le fumier des animaux, est le quatrième plus important gaz à effet de serre à contribuer au réchauffement après la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone et le méthane. L'ONU a d'ailleurs appelé à s'attaquer au problème le plus rapidement possible. Parmi les solutions envisageables, manger moins de viande permettrait de réduire la demande d'engrais ainsi que de réduire la quantité de fumier produit.
Les résultats d'Eric Davidson, directeur du Woods Hole Research Center, dans le Massachusetts, avertissent que les pays développés devront réduire l'utilisation d'engrais de 50% et persuader les consommateurs d'arrêter de manger autant de viande.
Or, la consommation de viande devrait augmenter fortement dans les prochaines années, à 89 kg par personne et par an dans les pays riches et 37 kg dans les pays en développement.
Produire mieux
C'est sans doute le défi le plus difficile en matière de changement climatique: comment réduire les émissions provenant de la production alimentaire tout en continuant à produire suffisamment pour nourrir une population mondiale qui devrait atteindre 9 milliards d'ici au milieu de ce siècle?
Davidson admet que ce changement ne va pas être bien accueilli car la viande tient une grande part dans les habitudes alimentaires des pays riches. "C'est un défi énorme que de convaincre la population des pays développés de réduire leur consommation de viande, mais on ne demande pas à tout le monde de devenir végétarien. Il suffit de réduire les portions de viande et la fréquence à laquelle nous en mangeons, rien d'inaccessible".




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