Couleur et fantaisie dans la déco pour oublier un peu la crise
En pleine tourmente économique, la maison apparaît plus que jamais comme une valeur-refuge. Raison de plus pour l'égayer par des touches de couleurs vives et de fantaisie sur une base classique et de qualité, soulignent les bureaux de tendances du Salon Maison et Objet.
Acheter moins, mais de qualitéCet immense salon professionnel de la décoration qui se tient pendant cinq jours à partir de vendredi à Villepinte (Seine-Saint-Denis), a exploré les "antidotes" possibles pour rendre moins amère la pilule de la crise. "Désormais, les consommateurs rejettent les excès. Ils sont moins attirés par les produits de masse bon marché qui durent peu. Ils préfèrent acheter moins souvent mais des produits de qualité, porteurs d'un savoir-faire", estime Etienne Cochet, directeur général de Maison et Objet.
Face à un monde extérieur perçu comme "agressif", les Français veulent "recapitaliser" sur leur maison ou leur appartement, espace de "stabilité" souligne Vincent Grégoire, chasseur de tendances pour le bureau de style Nelly Rodi. "On soigne sa maison, on s'en contente, on l'optimise, on la range", indique-t-il. En 2008, globalement, le marché français du meuble a plutôt résisté. Il a atteint 9,64 milliards d'euros, en légère baisse de 0,3% par rapport à 2007 qui avait été une très bonne année, selon la Fédération française du négoce, de l'ameublement et de l'équipement de la maison (Fnaem).
De l'écossais, du pied-de-poule, du transgressifMais le second semestre 2008 a été nettement moins bon que le premier. Et les chiffres sur la consommation des ménages en décembre, publiés jeudi par l'Insee sont préoccupants. Ils montrent une baisse de 1,8% des dépenses en biens d'équipement du logement (électronique grand public, électroménager, meubles). Sur le salon, les "codes du classique" ont le vent en poupe dans les textiles et les meubles, mais avec un petit décalage qui apporte "fantaisie et bonne humeur", relève François Bernard, directeur du bureau de tendance Croisements.
Pour les tissus d'ameublement, l'écossais, le pied-de-poule, les chevrons empruntent à la garde-robe chic des hommes mais en version extra-large. Le consommateur est "rassuré par la forme classique d'un meuble mais on y ajoute un élément transgressif", souligne Vincent Grégoire. Des tags urbains viennent ainsi réveiller un fauteuil de style Louis XVI ou des petites tables Louis XV. Après plusieurs saisons marquées par le triomphe du doré et du noir dans la décoration, les couleurs vives s'affichent.
La crise amènerait un réveil de la libidoElizabeth Leriche, chercheuse de tendances pour l'Observatoire du salon Maison et Objet, a joué sur les combinaisons. Elle a déniché des chaises au design très contemporain égayé d'un quadrillage allant du bleu au rouge. "La couleur apporte de la vibration, de l'énergie. Mais c'est vrai que ce n'est pas toujours facile à intégrer chez soi", reconnaît-elle.
Avec la crise, "on assiste à un réveil de la libido" dans l'ameublement, relève également François Bernard qui présente un petit fauteuil crapaud, rouge et noir, de style Napoléon III. Un objet sensuel avec une certaine "charge érotique", selon lui. L'art de la table se fait lui aussi érotique. Une dizaine d'ustensiles, conçus par de célèbres marques françaises sous l'impulsion du designer Philippe di Méo entendent "ouvrir tous les appétits" et "faire monter le désir au-delà des papilles". (afp/acx)