Mais pourquoi tout coûte bonbon dans les magazines?
En tant que filles, on craque mensuellement - voire plus souvent pour les vraies accros - pour une pause magazines féminins dans notre bain, dans notre lit, dans le métro ou devant la télé. Et là, le temps de feuilleter quelques pages de papier glacé (et le temps de voir les épaules de notre Chouchou se lever), on se prend à rêver...
Et à rêver seulement! Car si on devait céder aux sirènes de la mode telle que décrite dans bon nombre de magazines pour filles (attention, qu'on adore et qu'on continuera à zieuter émerveillées), on serait fauchées avant même d'avoir été payées.
Le goût du beau, pas le goût du luxeIl est vrai qu'on aime le beau, il est vrai que ces hebdomadaires ou mensuels féminins mettent le doigt sur ce qui nous parle, nous charme, nous donne envie. Mais à quel prix? Certes, on ne serait pas contre un petit cachemire Zadig et Voltaire à 347 euros, la semelle rouge des Louboutin à 679 euros, le dernier or blanc et diamants de Dinh Van à 2550 euros et une petite bougie parfumée de chez Colette à 68 euros, ainsi que quelques soins visage, massages et autres délicatesses quotidiens, certes.
Sauf que notre homme (celui avec qui on a un compte commun, vous voyez?), notre banque (celle qui nous taxe d'intérêts prohibitifs quand on est à découvert), notre conscience (celle avec qui on doit s'arranger quand on a tout dépensé et plus un rond pour l'anniv du papounet), eux, ne sont pas très d'accord avec nos goûts de luxe et nos rêves de princesse.
La terre appelle la luneMais ce n'est pas notre faute, à nous, si ces jolies pages lisses qui glissent sous nos doigts fébriles regorgent d'idées fabuleuses pour vivre plus belle, plus chic, plus branchée, plus, plus, plus... Nous avons le goût du beau, et alors? Le beau est souvent cher, apparemment, et on en peut rien. Notre salaire de 1600 euros nets par mois n'en peut rien non plus, nous glisse Chouchou en passant. Et c'est qu'il a raison, le fourbe!
Mais on ne peut s'empêcher, tout de même, au moment de refermer ledit magazine, d'avoir le coeur un peu serré. On a revu, pendant une heure, de quoi devrait se composer notre dressing (enfin nous, c'est une penderie et une commode, qu'on a à la maison), où devraient se dérouler nos soirées mondaines (mais on ira quand même faire la soirée tartiflette piquette de Julie et Seb, demain), de quels échantillons de tissu et de design notre trois pièces devrait être aménagé (sauf que notre investissement mobilier envisagé à plus long terme reste un lit Ikea). Alors oui, on le sait, notre imagination débordante devra se rendre à l'évidence jusqu'à l'achat du prochain magazine, ces accessoires et ce shopping-là, il n'est pas à notre portée.
C'est moi qui ne sais pas gérer mon budget?Alors se pose une question toute naturelle: est-ce la norme pour les autres (et quelles autres alors?) de faire de Fauchon son épicier, du spa minute sa pause déjeuner, et de Kate Moss un modèle pour s'habiller? Les rédactrices des magazines peuvent-elles, elles, se permettre tout ça, à l'instar de toutes les filles qui travaillent et gagnent comme nous, un salaire pas misérable mais qui n'a rien du jackpot mensuel, non plus? On en doute. Et les magazines regorgent aussi de plus en plus de bons plans pour faire des économies, de conseils pour se faire un bon cv, de sujets très terre à terre comme des problèmes d'argent dans le couple. Des pages qui collent bien plus à notre réalité...
Alors non, le magazine féminin n'est pas là pour vous faire miroiter un monde et un train de vie que vous ne toucherez jamais. Mais simplement pour nous apporter un peu de rêve, pour nous montrer ce qui existe et nous faire déconnecter, et surtout pour nous donner un maximum d'idées. Si mon trench tant convoité coûte la modique somme de 400 euros, on parie combien que je vais trouver son sosie pour le deuxième du prix? Et puis que serait la vie sans envie un peu démesurée?
Pas dépenser, mais s'inspirerVoilà Chouchou, je ne lis pas ces "âneries" avec en tête de tout acheter, ni pour être aigrie et frustrée. Voir tout ce qu'on fait encore de beau en ce bas monde m'émerveille, et ça ne mange pas de pain. Il y a celles qui veulent à tout prix s'identifier, et celles qui, comme moi, veulent juste s'inspirer. Et garder simplement notre vie, c'est promis, mais en plus joli.
(7sur7)