Le retour des cavalières chez Dior, l'Afrique chez Lanvin

Elle arrive en chapeau de cavalière et cape en cuir chocolat: Karlie Kloss, mannequin vedette de Dior, a ouvert vendredi le défilé de la marque pour l'hiver prochain, sur le thème des cavalières déjà adopté par son styliste John Galliano lors de la haute couture en janvier.

Des tenues d'équitation avec tweeds, jodhpurs et casquettes, mais aussi des robes-chemises en mousseline et dentelle, fines et transparentes. "Je voulais créer un luxe nouveau, un nouvel amant pour faire la cour à cette séduisante libertine", explique M. Galliano, qui puise dans le 18e siècle, notamment ses imprimés ou ses bas en laine chaude mais sexy.

Les pantalons se portent avec des blouses à volants, dans cette collection aux tons "proches de la terre". Pour le soir, des matières vaporeuses et des robes en soie dans des pastels doux. Les mannequins jouent les séductrices.

Pureté
Lanvin a proposé un vestiaire très structuré, d'inspiration africaine selon son styliste Alber Elbaz, un continent "imaginé depuis mon canapé", avoue-t-il. "Je suis parti de formes primaires pour privilégier la structure plutôt que le drapé, et apporter de la pureté". "Tout le monde parle de retourner à l'essentiel, à ses racines. C'est important mais il faut rester pertinent aujourd'hui", ajoute-t-il, alors que nombre de défilés reflètent une tendance rétro ces derniers jours.

M. Elbaz privilégie les tenues pour la journée, "au-delà des simples cardigan et jupe". Et si ses mannequins portent toutes la même perruque noire avec frange, c'est pour insister sur l'individualité quand certaines femmes "se font faire le même visage, les mêmes lèvres, les mêmes coiffures".

Parmi ses morceaux de bravoure, admirés par Juliette Binoche ou Nathalie Baye, des manteaux aux épaules tombantes très volumineux, une veste gris arrondie sur les hanches avec faux cul ou des tenues cuivrées pour le soir.

Mathématique
Feu sur les couleurs chez Issey Miyake, dont le styliste Dai Fujiwara s'est inspiré de l'abstraction mathématique. C'est en regardant un documentaire évoquant le mathématicien américain William Thurston que le styliste japonais a vu la lumière: l'univers se composant de seulement huit formes géométriques, selon Thurston, le défi serait de concevoir une collection autour de ces formes.

Dans certains manteaux, d'énormes poches en cachent de toutes petites pour "contenir tout l'univers". Des étoles colorées autour du buste finissent par former une veste. Et des manteaux composés de carrés en organdi captent la lumière en halo autour de la silhouette, façon "ciel étoilé scintillant". (afp)
08/03/10 10h48
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