La Nieuwe Kerk d'Amsterdam expose les "Trésors retrouvés" d'Afghanistan, miroir d'un pays où les civilisations se sont croisées, et véritable épopée d'un sauvetage, celui de chefs d'oeuvre qui ont survécu à un quart de siècle de guerres.
Situé au croisement de routes commerciales, entre la Chine, l'Inde et l'Iran, conquis par Alexandre le Grand, la terre d'Afghanistan a livré dans le passé récent de nombreux témoignages somptueux des civilisations qui ont marqué l'Asie centrale. Après Paris et Turin, la Nieuwe Kerk à Amsterdam accueille jusqu'au 20 avril 250 objets, restaurés avec l'aide du musée Guimet à Paris, dont le raffinement forme un contraste saisissant avec l'actualité de l'Afghanistan.
Sauvés
Une chose était de les découvrir, autre chose était de les préserver dans un pays ravagé pendant près de 25 ans par les conflits avec l'Union soviétique, les guerres civiles et le régime iconoclaste des Talibans. "Afghanistan, les trésors retrouvés" est donc autant l'oeuvre d'artisans du passé, de Tepe Fullol, Ai Khanum, Tyllya-tepe et la mythique Begram, que du directeur du Musée national à Kaboul, Omar Khan Massoudi et ses assistants.
Pour sauver les trésors de l'art des steppes, d'iconographie greco-romaine, d'objets d'Inde et de Chine, ils ont, au péril de leur vie, caché tous les chefs d'oeuvres dans les chambres fortes de la banque centrale d'Afghanistan, sous le palais présidentiel. Un trésor protégé par sept serrures, le directeur du musée et ses assistants en gardant chacun une, avec la promesse de faire passer le secret à leurs fils aînés s'il devait leur arriver malheur.
C'est ainsi qu'en 2004, les plus belles pièces de la collection ont été "retrouvées" et sauvées des destructions ordonnées par le régime taliban, auxquelles n'ont pas échappé les Bouddhas de Bamiyam, dynamités en 2001. ("Trésors retrouvés" d'Afghanistan, Nieuwe Kerk d'Amsterdam, 10 euros, catalogue en anglais 34,95 euros, www.nieuwekerk.nl ).


