"War Horse": allergiques aux chevaux et bons sentiments s'abstenir

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Par: rédaction
1/02/12 - 10h10

Quelques mois seulement après la sortie de Tintin, Steven Spielberg est déjà de retour avec un nouveau long-métrage. "War Horse" ("Cheval de Guerre") s'inspire d'un roman pour enfants adapté en pièce de théâtre à succès outre-Manche. Sur le papier, le projet de Spielberg a tout d'un film improbable. C'est l'histoire d'une amitié exceptionnelle entre un animal et un être humain, entre Joey le cheval et Albert l'adolescent. Une amitié qui résiste à tout, même au drame sanglant de la 1ère guerre mondiale.

Jusqu'alors, Spielberg s'était surtout intéressé à la 2e guerre mondiale. Celle de "La Liste de Schindler" et d'"Il faut sauver le soldat Ryan". "La Grande Guerre, c'est la fin d'un monde où les hommes et les chevaux allaient ensemble", rappelle le cinéaste. Après 14-18, la guerre ne sera plus jamais pareille. C'est le début de la mécanisation et des massacres de masse. "War Horse" dépeint la cruauté de la guerre mais le film reste un divertissement familial. Le film comporte deux grandes scènes de guerre impressionnantes. Mais la tragédie sert surtout à sublimer le lien qui lie les deux héros de Spielberg.

Steven Spielberg prend le temps d'exposer ses personnages, dans une campagne anglaise magnifique. "War Horse" rend hommage au cinéma de l'âge d'or hollywoodien. Celui d'"Autant on emporte le vent", du "Docteur Jivago". Les images sont sublimes et la maîtrise esthétique du cinéaste ne fait aucun doute. Cette histoire faussement naïve est portée par un casting excellent et une dimension épique, digne du grand cinéma classique. Mais le film souffre de quelques longueurs narratives et d'un sentimentalisme qui peut écoeurer certains.

Envoyé au front comme un soldat destiné à servir son pays, Joey est le symbole de l'injustice de la guerre mais aussi celui qui rassemble les camps ennemis, par-delà les tranchées. "Il me fallait faire ce film, c'est tout. J'ai trouvé bouleversante l'idée d'un animal qui crée un lien entre les hommes", explique le réalisateur. À 65 ans, Steven Spielberg n'a pas fini de nous surprendre et si "War Horse" ne séduira pas les cyniques, c'est la fresque touchante et superbe d'un autre temps. (CD)

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