"La police bruxelloise m'a traitée comme une prostituée"

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Par: rédaction
11/03/08 - 11h20
MISE À JOUR

L'ex-mannequin d'origine somalienne Waris Dirie, hospitalisée suite à sa disparition mystérieuse à Bruxelles la semaine dernière, lance de graves accusations à l'encontre de la police belge: "Ils m'ont traitée comme une prostituée", clame-t-elle. "C'est un scandale", a commenté Dirie, qui dit mieux comprendre les immigrants qui arrivent en Belgique, sachant maintenant comment ils sont traités. Visionnez la vidéo de son témoignage en bas de l'article.

Dirie a expliqué lundi soir depuis son lit d'hôpital (voir vidéo ci-dessous) que la police bruxelloise l'avait traitée comme une prostituée, uniquement à cause de sa couleur de peau, selon ses propos, cités par l'agence de presse autrichienne APA. Elle aurait été renvoyée de deux commissariats et des agents l'auraient même menacée de la placer en cellule.

Il n'y a pas eu de négligence de la part de la police dans le cadre de l'enquête, a indiqué ce mardi le parquet de Bruxelles, réagissant aux accusations de l'ex-mannequin. Le parquet a souligné que la police a aimablement pris en charge Waris Dirie à bord d'une de ses voitures mercredi afin de retrouver l'hôtel où elle logeait, et que celle-ci a quitté d'elle-même le véhicule de police pour se procurer des cigarettes avant de disparaître.

Le parquet a rappelé que la jeune femme n'a jamais fait état de maltraitance ou d'un quelconque délit dont elle aurait été victime dans sa déclaration à la police. Le dossier a dès lors été classé sans suite. "Si Mme Dirie souhaite rouvrir le dossier, elle devra se constituer partie civile en Belgique", a déclaré le porte-parole du parquet.

La police locale de Bruxelles Capitale-Ixelles a pour sa part démenti fermement toutes les accusations portées à son encontre. Elle rappelle que Waris Dirie a été interpellée sur la Grand-Place, vendredi en début de soirée, avec un homme qui l'accompagnait de manière tout à fait volontaire. "La police a pu constater qu'elle ne faisait pas l'objet de menaces ni d'une séquestration. Quand une victime est en détresse, elle n'hésite pas à alerter la police", a commenté le porte-parole de la police de la zone de Bruxelles-Ixelles.

Selon la police locale, Waris Dirie n'a jamais manifesté de sentiment de détresse. Lors de sa déclaration à la cellule "Disparition" de la police de la zone de Bruxelles-Ixelles, elle n'a jamais indiqué avoir été maltraitée, battue, violée ou même être blessée. La police locale n'a elle-même constaté aucune blessure apparente, même si elle reconnaît que Mme Dirie n'a pas été examinée par un médecin. Elle déclare enfin que Mme Dirie n'a été entendue que par la cellule "Disparition" de la police locale et qu'elle n'a pas été transférée vers d'autres bureaux de police.

L'avocat de Waris Dirie a indiqué dimanche à l'agence APA que sa cliente avait été séquestrée pendant deux jours à Bruxelles par un chauffeur de taxi. Ce dernier aurait importuné la femme et aurait notamment essayé de la violer. A son retour vendredi, Waris Dirie aurait raconté qu'elle avait été promenée dans Bruxelles des heures durant par un chauffeur de taxi. Après un passage par son hôtel, l'homme lui aurait proposé de passer la nuit chez lui. Arrivé à sa maison située en périphérie bruxelloise, le chauffeur aurait malmené sa cliente. Il aurait même essayé de la violer. La mannequin aurait quelques blessures aux épaules et des égratignures aux jambes. (belga)

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