600 000 dollars, le cachet de sa première interview.
A seulement 20 ans, Natasha Kampusch est la deuxième personnalité préférée des Autrichiens, juste derrière le président de la République. Revenue des enfers après avoir été séquestrée pendant huit ans, la jeune victime est aujourd'hui une personnalité publique qu'on ne peut ignorer. Focus sur une reconversion troublante.
Jet-set
Impossible de la manquer, Natascha Kampusch est de toutes les mondanités. Hormis la place qu'elle s'efforce d'occuper à la télévision par le biais d'un talk-show pas vraiment populaire, la jeune femme est également devenue une véritable jet-setteuse. Elle est même apparue en compagnie du Prince Mario-Max Schamburg-Lippe, qui ne cache pas son goût prononcé pour la fête, à une soirée de bienfaisance à Salzbourg.
Si dès le lendemain de son évasion, l'ex-captive a manifesté son désir de devenir journaliste et d'occuper l'espace médiatique -pourquoi ne pas prendre une belle revanche sur son passé?- son désir de gloire ainsi que la course à la notoriété dans laquelle elle s'est frénétiquement lancée en a interpellé plus d'un.
Que penser d'une jeune femme qui, après avoir été retenue captive de mars 1998 à août 2006 par Wolfgang Priklopil dans un sous-sol isolé du monde, monnaye sa première interview 600 000 euros?
Interrogations
Natascha Kampusch, dont l'arrivisme n'a d'égal que la blondeur, suscite de multiples interrogations soulevées notamment par l'enquête menée à la suite de son enlèvement: quelle relation entretenait-elle exactement avec son ravisseur (lequel s'est suicidé le soir même de l'évasion de la jeune fille)? comment expliquer qu'il l'ait emmenée se promener à découvert aux abords de Vienne et qu'ils aient effectué deux séjours aux sports d'hiver?
Plus sordide encore, comment comprendre que Natascha Kampusch ait racheté la maison dans laquelle elle a été séquestrée de ses dix à dix-huit ans? Et qu'en est-il des soupçons de manipulation de cette histoire dans laquelle on dit ses parents impliqués?
Aux yeux de la jeune femme, il semble que peu importe que son émission "Natascha Kampusch rencontre" fasse un flop, du moment qu'elle lui assure une visibilité. Entre syndrome de Stockholm, schyzophrénie et mégalomanie, l'ex-otage rêve éveillée son rêve de paillettes envers et contre tout sans ciller.


