Clovis Cornillac semble être le bon complément à Depardieu-Obélix.
Astérix aux Jeux Olympiques est peut-être la plus fidèle adaptation à l'univers de Goscinny et Uderzo.
A défaut d'être tout le temps drôle, Poelvoorde interprète Brutus avec talent.
Alexandre Astier est la bonne surprise de ce film.
Alain Delon met du temps pour être César et non Delon.
On attend de revoir Vanessa Hessler dans un autre contexte.
Astérix aux Jeux Olympiques vaut le détour pour ses décors majestueux.
Le film le plus attendu de l'année est sorti hier, mercredi, dans nos salles. Avec un Poelvoorde à l'humour grandiloquent, rarement marrant. Comme le film d'ailleurs, qui plaira à un public familial et aux curieux, finalement nombreux malgré des critiques peu dithyrambiques.
Adaptation difficile
Alafolix, poète gaulois, se voit obligé d'affronter Brutus aux Jeux Olympiques pour obtenir la main de la Princesse Irina, fille du Roi de Grèce. Pour ce faire, il sollicite Astérix et Obélix qui, accompagnés du druide Panoramix et Assurancetourix, rejoignent Olympie. Les diverses péripéties des héros ne les empêcheront pas d'atteindre leur but. Sans vouloir tomber dans la critique facile, cette troisième adaptation cinématographique inspirée du douzième album des aventures du petit gaulois démontre une fois encore la difficulté de transposer à l'écran une bande dessinée.
Si le premier essai (Astérix et Obélix contre César) est rangé au rayon des navets et que le deuxième opus, dirigé par Chabat, n'a pas trop plu à Albert Uderzo, Astérix aux Jeux Olympiques manque de quelques ingrédients pour rendre la potion totalement efficace. D'ailleurs, on se demande si le duo de réalisateurs Langmann-Forestier (déjà collaborateurs sur Le Boulet, avec Poelvoorde déjà) n'aurait pas dû en prendre, tant le film peut manquer parfois (voire souvent, diront les plus sévères) de ressorts.
Amuseur de service
Seuls Alexandre Astier (auteur-réalisateur et acteur de Kaamelott qui campe Claudius Mordicus) et Benoît Poelvoorde, omniprésent et très crédible dans son rôle de Brutus, se chargent de décrisper les zygomatiques, même si l'acteur belge ne fera pas toujours sourire les fans de ses débuts. A sa décharge, la majorité du public tombe dans un rire incoercible dès qu'il apparaît, le réduisant à l'amuseur de service. Profil que les deux réalisateurs ont sans aucun doute souhaité, tant les autres campent, pour la plupart, des personnages aux répliques bien fades.
Alain Delon, à qui il faut du temps pour être César et non Delon, joue un rôle taillé sur mesure et sans surprises. La première apparition du "mythe" sur la musique du Clan des Siciliens est bien inspirée, mais s'inscrit dans une série d'allusions à sa carrière qui frise l'allégeance. Clovis Cornillac ne s'en tire pas trop mal dans un Astérix moins hystérique qu'à l'époque Clavier, et semble être le complément idéal à Depardieu, fidèle à l'image que l'on se fait d'Obélix.
Peter Ustinov
Pour le reste, peu de choses à dire, vu le faible temps de paroles accordé à certains. Vanessa Hessler (Princesse Irina), juste là pour faire joli, Bouli Lanneers, copie-conforme en roi grec de Peter Ustinov, ou Stéphane Roussau (Alafolix) sont très présents, mais paradoxalement muets. Quant aux guest-stars (Tony Parker, Amélie Mauresmo, Zidane, Debouzze), elles apparaissent lors d'un festin devenu indigeste par l'inutilité de leur présence. Seuls Michaël Schumacher (en pilote de chars) et Zizou, accompagné de Jamel "Numérobis" Debouzze, méritent leur place.
C'est dans les décors, les costumes et l'utilisation des effets-spéciaux façon BD que le film se montre le plus satisfaisant et justifie du coup le budget pharaonique (78 millions d'euros) qui fait de lui le film le plus cher de l'histoire du cinéma français. Astérix aux Jeux Olympiques est bel et bien un divertissement destiné à un public familial ou juvénile qu'il n'est pas interdit de (re)voir à l'occasion, sans pour autant qu'on sorte une réplique pour faire rire l'assemblée.
Loïc Struys


