"Le bruit des glaçons": dis-moi quel est ton cancer, je te dirai qui tu es

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Par: rédaction
24/08/10 - 13h00

Jean Dujardin campe un écrivain flambeur qui tutoie la mort au sens propre puisqu'il dialogue avec son cancer, incarné par Albert Dupontel, dans "Le bruit des glaçons" mercredi en salles, le dernier film de Bertrand Blier au parti pris original.

Charles est un écrivain alcoolique en mal d'inspiration. Depuis des années, à raison d'une douzaine de bouteilles de vin blanc par jour, il "n'a jamais les idées suffisamment claires pour les coucher sur le papier". "Mon seau à glace dans les bras, je regardais partir ma vie et je trouvais ça normal. Les mecs qui boivent trouvent tout normal", raconte Charles lorsque sa femme (Audrey Dana) le quitte, en emmenant leur fils.

L'écrivain se cloître dans sa maison avec pour seule compagne sa fidèle bouteille et pour confidente, sa domestique jouée par Anne Alvaro. C'est alors que survient un ennemi intérieur qui ne quittera plus Charles d'une semelle : son cancer, joué par un Albert Dupontel cynique à souhait.

Au fil d'un huis clos émaillé de scènes à la tonalité surréaliste, ils se lancent dans une joute oratoire faite de bons mots cinglants et de dialogues ciselés teintés d'humour noir, marque de fabrique du cinéma de Blier. De son côté, Myriam Boyer incarne le cancer de la domestique, par définition plus "prolétaire" que celui, "bourgeois", de Charles. Le duo se fait quatuor, et le duel à mort devient double.

Surprenant au départ, "Le bruit des glaçons" s'enferme dans le dispositif qui au départ le rendait séduisant : un huis clos qui, une fois explorées toutes les possibilités scénaristiques, s'avère rapidement assez statique.

Les savoureux tandems masculins émaillent la filmographie de Bertrand Blier, auteur notamment des "Valseuses" qui en 1974 imposa Gérard Depardieu et Patrick Dewaere mais aussi Miou Miou, "Tenue de soirée" (1986) ou encore "Trop belle pour toi" (1989), lauréat du Grand Prix du jury du Festival de Cannes et de cinq César. Les vingt dernières années ont été moins fastes pour le réalisateur avec les échecs de "Merci la vie" (1991), "Un, deux, trois soleil" sorti en 1993 ou "Mon homme" deux ans plus tard. (afp)

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