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Christian Clavier sort son premier film en tant que réalisateur demain, mercredi. Son titre: On ne choisit pas sa famille. Il s'est confié à 7sur7.be.
Sur le tournage de "On ne choisit pas sa famille", avec Jean Reno.
"Je ne fais pas de film de potes. Ca n'aurait aucun intérêt."Christian Clavier
Avec Nicolas Sarkozy, dont il est proche. Certaines rumeurs voient en Christian Clavier le parrain de Giulia, la fille de Nicolas et Carla.
La troupe du Splendid n'exclut pas des retrouvailles pour Les Bronzés 4.
C'est à Paris que nous avons rencontré Christian Clavier. Aimable, il a engagé la discussion par de chaleureux remerciements: "J'adore la Belgique, j'aurais aimé m'y rendre. Merci donc d'avoir fait le déplacement jusqu'à moi."
Sûr de sa première réalisation, On ne choisit pas sa famille, il l'a défendue avec conviction, sans jamais sortir du cadre professionnel. Christian Clavier garde ses distances et ne s'épanchera donc pas sur les rumeurs qui font déjà de lui le parrain du bébé de Nicolas Sarkozy. On a donc muselé notre curiosité et on a parlé cinéma puisqu'on était là pour ça. Action!
Devenir réalisateur, c'est une manière de s'offrir des rôles qu'on ne vous propose pas?
Non. Je suis scénariste depuis longtemps et c'est beaucoup plus le scénariste qui passe à la réalisation que l'acteur qui passe à la réalisation. J'ai eu de grandes satisfactions de scénariste avec Jean-Marie Poiré, avec Patrice Leconte mais j'ai aussi eu des frustrations. J'ai eu envie de me confronter aux acteurs, envie de raconter mon histoire. Je dis mon histoire parce que depuis Les Bronzés, je les écris moi-même. Il m'a toujours semblé qu'une bonne comédie, c'était un sujet sérieux comme Papy fait de la résistance, comme Le père Noël est une ordure, comme L'enquête corse, mais traité d'une manière vraiment drôle et distrayante. Et sans message. La comédie ne doit pas être plombée par le sujet et le sujet ne doit pas être édulcoré par la comédie. Quand ces ingrédients-là sont réunis, ça vaut le coup de faire le film. Voici donc On ne choisit pas sa famille.
Vous avec convoqué Jean Reno, que vous connaissez bien pour avoir joué avec lui dans Opération Corned Beef, L'Enquête Corse, Les Visiteurs et Muriel Robin, que vous avez connue sur Les Visiteurs 2. C'est rassurant de s'entourer de gens qu'on connaît bien?
Ce n'est pas du tout un film de potes, ça n'a rien avoir. Je suis très professionnel. Je connais Muriel pour avoir travaillé avec elle mais pas tant que ça. Elle avait la légitimité pour jouer ce rôle-là (Muriel Robin est en couple avec une femme, NdlR). Elle était une actrice avec de grandes possibilités de sincérité et un vrai clown. Jean est un ami proche. Il m'avait fait part de son désir de refaire un film avec moi. Jean, c'est le Lino Ventura d'aujourd'hui. Il peut tout jouer: il peut jouer dans Léon comme dans ce film-là ou Les visiteurs. Il amène le danger. Quant à Helena, je l'avais vue dans L'arnacoeur. Je l'ai trouvée tellement jolie, incroyablement sans pudeur puisqu'elle tourne sa première scène à moitié nue et complètement déjantée. Je me suis dit que ça serait un quatuor intéressant. Je n'avais pas de crainte à tourner avec qui que ce soit et je n'avais pas besoin d'être rassuré. A partir du moment où je décide d'être réalisateur, j'assume. Ca n'aurait aucun intérêt pour le public de faire un film de potes.
Pourquoi vous êtes-vous intéressé à ce sujet délicat: l'adoption par un couple homosexuel?
On a tous des amis qui ont eu envie d'adopter. C'est un enfer, un parcours du combattant. J'ai des amis homos qui ont eu envie d'adopter et c'est franchement interdit, en Thaïlande comme en France. Cette interdiction ne leur enlève pas le désir d'avoir un enfant. J'ai eu envie de réunir deux jeunes femmes séduisantes, pas deux camionneuses, pour ne pas tomber dans un cliché. Quand les gens veulent adopter, ils vous parlent d'eux, d'abord. Ils disent qu'ils vont changer la vie d'un enfant. C'est vrai. Mais nous, on a voulu se mettre du point de vue de l'enfant. Il va bouleverser la vie des adultes, et c'est bien normal. C'est ce qu'on voulait montrer dans ce film.
Vous dites que Muriel Robin avait la légitimité pour jouer ce personnage. Comment a-t-elle réagi quand vous lui avez proposé ce rôle?
Elle a trouvé que le scénario valait le coup, qu'il était bien écrit, travaillé. Et que c'était un vrai personnage à interpréter. En effet, on allait à la fois être intéressant, s'amuser énormément et avoir une chance de vous amuser beaucoup. Je pense qu'elle a eu un déclic sur ce tournage, parce que vous la connaissez bien mais vous allez la redécouvrir dans un état de drôlerie incroyable. Elle s'est dit que la caméra était son amie. Elle était en confiance. Je pense que c'est le secret d'une bonne comédie: il faut être doux avec les acteurs.
Le film a été tourné en Thaïlande, dans des régions aujourd'hui totalement sous eaux. Quelle a été votre réaction face à ces inondations?
Une partie des décors a été inondée. Je pense beaucoup à eux, ils nous ont accueillis merveilleusement. Le dynamisme de ce pays devrait leur permettre de surmonter ça rapidement.
Vous avez connu de formidables succès par le passé mais vous savez aussi que rien n'est jamais acquis. Comment vous sentez-vous à quelques jours de la sortie du film?
Je me suis toujours senti plus responsable des films que j'écrivais que de ceux où j'étais simplement de passage. Je suis donc automatiquement plus anxieux: j'ai écrit et réalisé le film. Je viens de faire une tournée en France: j'ai vu les gens s'approprier le film, rigoler, être touchés. Je suis à la fois confiant et anxieux.
Vous êtes un boulimique de travail? Vous pensez déjà à la suite?
C'est un vrai plaisir de travailler pour moi mais j'attends de voir ce que le film va donner avant de me lancer dans d'autres choses. Je crois que les gens pensent généralement, au sujet de notre profession, qu'on n'a pas de contrainte, qu'on s'amuse, qu'on réunit trois potes, qu'on rigole et en voiture Simone! Et qu'en plus, on gagne beaucoup d'argent. Mais ce n'est pas ça. Ca n'a jamais été ça! Ce n'est pas qu'une question de volonté, ce n'est pas une réunion de potes, ce n'est pas forcément gagner beaucoup d'argent, c'est aussi en risquer. Je suis aussi producteur sur ce film pour lui donner le plus de moyens possible: je suis loin de gagner de l'argent, là! C'est comme ça, ça fait partie du risquende la vie et c'est très bien. C'est un ensemble de choses. Ce n'est pas: ah, vous êtes une vedette donc vous faites ce que vous voulez. Non. Ce n'est pas tout à faux mais ce n'est pas vrai non plus.
Thierry Lhermitte a récemment déclaré dans une interview qu'un quatrième volet des Bronzés n'était pas exclu. Quel est votre avis?
Travailler avec Le Splendid, ce n'est jamais exclu.
Quand vous retrouvez vos amis du Splendid, on peut parler quand même d'une réunion de potes?
Ca n'a jamais été ça. Nous sommes très amis. C'est ma famille. Je les ai choisis. Mais les réunions de potes, on n'a pas besoin de les faire au cinéma, on n'a pas besoin de faire des films pour ça.
Déborah Laurent


