Amel Bent prend son pied

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Par: rédaction
2/12/11 - 17h53
Dans Happy Feet 2, Amel Bent double Gloria, la maman du petit Eric, un pingouin qui a du mal à trouver sa voie.
 Avant d'avoir trouvé ma voie, je me sentais insignifiante. Comme le petit pingouin Eric, dans Happy Feet 2, en fait!  
Amel Bent
Amel Bent vient de sortir son nouveau disque, Délit Mineur.

Les pas de danse des pingouins d'Happy Feet résonnent à nouveau dans toutes les salles de cinéma. Le petit Mumble, virtuose des claquettes, a bien grandi. Il a désormais un fils, Eric, avec Gloria, toujours la plus jolie voix de la banquise. Un fiston qui reproduit finalement le schéma paternel: allergique à la danse, il ne sait pas quoi faire de sa vie...

Dans le premier volet d'Happy Feet, Gloria était doublée par Marion Cotillard. Désormais adulte, c'est Amel Bent qui lui prête sa voix. La chanteuse, découverte dans La Nouvelle Star, a pris son "pied" et nous a expliqué pourquoi, ce matin, à Paris.

C'est flatteur d'être appelée pour le doublage d'une voix quand on est chanteuse?
J'étais très contente. C'est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps. J'en avais beaucoup parlé dans les interviews. J'étais alors frustrée d'avoir fait des BO mais pas des voix sur mes projets annexes. Ici, on m'a proposé et de faire la BO et de doubler un personnage. J'étais aux anges.

C'était donc votre première voix. Vous vous êtes sentie à l'aise derrière ce micro-là?
Pas du tout! J'étais angoissée, très stressée. Tout le monde attendait de savoir si j'allais assurer ou pas. Je me suis collée la pression.
C'est nécessaire, ça permet de se remettre en question et d'aller viser le maximum. Je me suis donnée à 200%, j'ai beaucoup écouté la coach. Finalement,  tout s'est bien passé.

Vous aviez vu le premier épisode? Votre personnage (Gloria) était alors doublé par Marion Cotillard.

Non, je ne l'avais pas vu et je me dis que c'est un mal pour un bien. Je me suis dit que j'allais d'abord faire mon travail. Marion Cotillard, c'est "the" grande actrice. Je ne voulais pas me mettre une pression supplémentaire. Marion et moi, on n'a pas du tout le même timbre de voix. Je me serais un peu perdue entre ce qu'on me demandait de faire, ce que je voulais faire et ce que j'aurais pu entendre de Marion.

Votre nouvel album, Délit Mineur, est sorti il y a quelques jours. Dans l'une des chansons (Chansons tristes), vous dites que vous prenez les choses comme elles arrivent. C'est votre manière de fonctionner?
Je m'engage dans des projets parce que ça me plaît. Ma passion, mon métier de chanteuse me prend tout mon temps et s'il m'en reste un peu je l'utilise pour faire des choses que j'aime. Des projets comme Happy Feet 2, il faut les porter. Donc on réfléchit, ça demande du temps, de l'énergie. J'ai dit oui parce que j'étais contente qu'on me le propose, je suis contente aujourd'hui d'en parler et je suis pressée qu'on le découvre.

Avec Happy Feet, vous vous rapprochez du monde du cinéma. C'est un univers qui fait envie?

Ca me parle. Mais ça me fait peur. J'adore mais j'ai tout à apprendre. Je n'y connais rien. Si je dois m'avancer sur des projets de comédie, il faut que je sois invitée par des gens qui vont être bienveillants, qui ne vont pas me mettre la pression. Comme ça c'est fait pour Happy Feet 2 en fait, ou pour le téléfilm de TF1, Affaires étrangères. Tout le monde a pris le temps, a été gentil. A mon petit niveau, il faut que je travaille avec des gens qui veulent m'apprendre des choses.

C'est ça le secret finalement: être bien entourée...
C'est valable pour tout, dans la vie en général.

Vous l'êtes aussi sur votre album: Benoit Poher, Jean-Jacques Goldman, Maxime Leforestier vous ont offert des chansons. De belles rencontres...
Oh oui! Jean-Jacques Goldman m'avait déjà complimenté pour ma voix, sur ma musique. Un jour, on discutait de mes projets à venir et vu qu'il avait dit qu'il aimait ma voix, je lui ai demandé si ça le tentait de m'écrire quelque chose. Benoit Poher, on se croise souvent dans notre label. C'est lui qui a proposé la chanson et je l'ai tellement adorée que c'est mon premier single, Je reste. Maxime Lerofestier, lui, c'est parce que j'avais un thème mais j'avais besoin d'un poète pour l'écrire. Je trouvais ma plume trop mauvaise. Maxime m'a écrit Mineure.

Vous dites dans les remerciements de l'album qu'avant d'avoir trouvé un public, d'être sur le devant de la scène, vous vous sentiez insignifiante. Carrément?

Ce n'est pas fait exprès mais quand on n'a pas trouvé sa voie, comme c'est le cas du petit Eric dans Happy Feet 2, on peut facilement se sentir insignifiant dans le monde. Aujourd'hui, j'essaie de me souvenir de mon état d'esprit avant d'être reconnue en tant que chanteuse, avant d'avoir trouvé mes marques, ma place dans la société... Quand je vois la fierté dans les yeux de ma maman, l'amour dans les yeux du public, quand je vois que je peux porter des gens positivement... Avant tout ça, je pouvais me sentir insignifiante, oui. Je ne savais pas à quoi je servais. Ma maman est coiffeuse, quand elle fait un chignon à une jeune femme le jour de son mariage et qu'elle la voit repartir, belle comme un coeur, le sourire aux lèvres, elle sent qu'elle sert à quelque chose. Ce n'est pas juste un truc de chanteur ou de comédien. Il ne faut pas exercer un métier marginal ou populaire pour ressentir ça. Parfois, il suffit de trouver sa place dans sa famille, pour certaines personnes, c'est avoir des enfants, trouver l'âme soeur, avoir un diplôme, vivre dans un autre pays... C'est différent pour tout le monde. Mais quand on a trouvé ce petit supplément qui fait qu'on sait pourquoi on est venu au monde, ça change tout.

Déborah Laurent

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