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Entre le premier et le troisième volet de "La Vérité si je mens", il s'est déroulé 15 ans. Mais le temps qui passe n'a pas ôté une once d'enthousiasme aux acteurs qui ont vu leur carrière exploser grâce à ce film. Bruno Solo, José Garcia, Vincent Elbaz et les autres se sont retrouvés dans la joie et la bonne humeur pour le troisième volet, qui sort aujourd'hui.
Ce troisième épisode est une comédie sympathique. On prend un réel plaisir à retrouver cette belle famille d'acteurs, onze ans plus tard. "La Vérité si je mens 3" ne révolutionne rien dans son genre mais arrache quelques sourires et donne la pêche: Eddie, Yvan, Dov et les autres sont en grande forme et l'amitié qui les unit fait chaud au coeur.
Bruno Solo, crevé par la promo ("Ce n'est pas du service après-vente, c'est du service à plat ventre"), Gilbert Melki et le réalisateur, Thomas Gilou, sont revenus avec nous sur leurs souvenirs de tournage, l'avenir à donner à la trilogie et leur belle entente.
Vous avez été enthousiastes tout de suite à l'idée de retrouver ces personnages?
Gilbert: Une fois qu'on a reçu le scénario, j'étais enthousiaste à l'idée de rejouer Patrick et de retrouver tout le monde. Mais on ne savait pas si Thomas allait faire le film...
Bruno: Ah oui, j'avais oublié ça. Ca a tellement été long entre le 2 et 3, il s'est passé dix ans quand même, qu'on nous a tous dit: c'est untel qui écrit, untel qui va réaliser. On entendait ces commentaires mais on ne voyait rien venir. Quand on a reçu le scénario, on était sûr de rien. Qui allait faire le personnage de Dov, qui allait réaliser? Bon, on l'a su très vite et ça a fini de nous rassurer.
Et le succès, finalement, ça rassure?
Gilbert: En tout cas, le succès solidifie l'amitié. Le succès fait très plaisir aux acteurs et aux producteurs. Mais on peut s'engueuler, hein. Ce n'est pas non plus la colonie de vacances.
Bruno: Oui, justement, si, c'est une colonie de vacances ou ça s'engueule beaucoup.
Gilbert: Oui, mais le succès, ça fait du bien, ça vide la tête.
Bruno: C'est vivifiant.
La Vérité si je mens est un film qui est devenu culte. Du coup, quand on arrive avec le trois, il y a une pression, non? Celle de faire au moins aussi bien?
Thomas: On se met la pression. On a envie que ça soit bien, on a envie de faire un beau spectacle. J'ai eu envie de faire un bon film. Je ne veux pas faire une suite pour faire une suite, parce que ça a marché. C'est pour ça que ça a pris du temps. Il fallait que ça soit de qualité, que les ingrédients soient là.
Quel regard portez-vous sur vos personnages?
Bruno: Un regard plein de tendresse. Il faut les défendre. Pour que les gens aient de l'empathie pour nos personnages, il faut nous-mêmes qu'on ait un profond respect et une profonde tendresse, une douceur pour eux. Yvan, je l'aime bien parce que c'est quelqu'un d'un peu véléitaire, qui a besoin des autres pour exister mais qui est
très sentimental. Il n'a pas les moyens de ses ambitions, il a besoin d'un mentor, en l'occurence le personnage d'Eddie, qu'il suit envers et contre tout parfois de manière déraisonnable. Il est toujours prêt à l'aider parfois avec plus de maladresse que d'efficacité. On a tous de la tendresse pour nos personnages: ils font partie de nous. Le premier film est sorti en 1997. A part Richard Anconina qui avait déjà une carrière bien installée, on a tous explosé grâce à ce film. Il faut rendre hommage à Thomas qui nous a tous découvert. C'est lui qui est venu nous chercher. Ce film nous a ouvert des portes. Comment ne pas avoir la tendresse, voire une immense gratitude vis à vis de nos personnages. Les retrouver, c'est se baigner dans le même bassin d'allégresse et de frénésie. C'est chouette.
Au dernier jour de tournage, vous vous êtes dit: on ferait bien un 4?
Bruno: C'était en Chine. Tout le monde n'y était pas.
Gilbert: Je n'étais pas là. Il n'y a pas eu de fête de fin de tournage.
Bruno: C'est vrai, on n'a pas fait de fête, pas respect pour ceux qui n'ont pas pu venir. On l'a faite plus tard.
Gilbert: Ah bon? C'était quand?
Bruno: Oui, c'est vrai, on n'a pas pu la faire. Beaucoup d'entre nous sont partis sur d'autres aventures directement.
Thomas: C'est comme pour ce film-là, pour le 4, il faut que tous les paramètres soient réunis, qu'on ait une bonne raison de le faire. Un film, c'est beaucoup de travail.
Bruno: Il faut aussi qu'on soit tous là en même temps.
Thomas: Ca ne s'improvise pas, on ne veut pas tricher avec les spectateurs.
Bruno: Ni avec nous d'ailleurs.
Elie Kakou a fait partie de l'aventure. Il a disparu depuis. Faire un film sans lui, voir le temps passer, ça met un peu le bourdon quand on se retrouve sur un plateau de tournage?
Bruno: Il a disparu après le premier. Je me souviens, pour le 2, après la toute projection, quand j'ai vu à la fin la mention: A Elie... Je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir la gorge serrée. C'était un putain d'acteur, pardonnez-moi pour l'expression. C'était un personnage très à part. Ce qu'il avait amené pour le premier, à chaque scène, il imprimait quelque chose de très drôle et à la fois de bouleversant, d'une humanité et d'une émotion. Il était sur l'affiche du premier d'ailleurs. On a beaucoup pensé à lui. Il avait clairement une place dans le film.
Dé.L.


