The Descendants sort aujourd'hui sur nos écrans. Clooney quitte son costume de séducteur pour la chemise à fleurs et trouve là un rôle sensible et une nomination aux Oscars.
Une famille est comme un archipel: on fait partie du même ensemble mais on est de plus en plus séparé.Matt King (George Clooney)
Matt King vit à Hawaii. Mais n'allez pas croire, "ce n'est pas parce qu'on vit au bord de l'eau et sous le soleil que la vie est plus douce". On peut habiter au paradis et vivre un enfer. Matt est bien placé pour le savoir. Sa femme, victime d'un accident de ski nautique, est dans le coma. Il apprend bien vite qu'elle n'en sortira pas. Mais à l'heure de lui dire adieu, alors qu'il tente déjà de gérer les humeurs de ses deux filles, avec lesquelles il n'a jamais entretenu que des rapports superficiels ("J'étais le parent de remplacement, la doublure", explique-t-il), il apprend que sa femme le trompait.
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Comment avancer sans n'avoir aucune réponse à ses questions? Comment pardonner à sa femme alors qu'elle n'est pas en mesure de s'expliquer, de s'excuser? Comment se pardonner d'avoir été un mauvais mari, trop souvent absent? Comment élever ses enfants dans des conditions pareilles? Comment vaincre la jalousie, la rancoeur, le ressentiment? Pour toute solution, Matt décide de partir à la recherche de l'amant de sa femme. Non pas pour lui casser la gueule mais pour le prévenir du drame et lui permettre de lui dire au revoir pour la dernière fois. Le voilà parti sur les routes d'Hawaï avec ses deux gamines.
Dans The Descendants, George Clooney quitte son costume de séducteur sûr de lui pour enfiler une chemise à fleurs à courtes manches (le top du mauvais goût) sur un ventre bedonnant. Loin de ses rôles habituels, il joue ici le père ordinaire, dépassé, banal et cocu, donc. Première surprise: on y croit. Le jeu de Clooney est la grande force de ce film.
Entre rires et larmes
Alexander Payne, réalisateur décrit avec délicatesse les sentiments ambigus de cette famille à l'équilibre bouleversé. On passe du sourire aux larmes en permanence. The Descendants est un film émouvant mais parfois un peu trop sérieux, le drame familial se superposant à une chronique historique et géographique de l'archipel d'Hawaï.
Matt King doit, en effet, au milieu de tout ce marasme émotionnel, décider de vendre ou non l'un des derniers morceaux de la terre de ses ancêtres, sur l'île de Kauai. Ces retours à la réalité réguliers nous empêchent personnellement d'être profondément bouleversé par ce film. Mais ce n'était pas le cas de notre voisine dans la salle obscure qui pleurait à chaudes larmes.
The Descendants évitent certains clichés avec talent : le ciel sombre de cet Hawaï-là rappelle que le paradis n'est pas toujours là où l'on imagine. Mais l'abondance de ukulélé en toile sonore agace à la longue. On a compris qu'on est au pays d'Israel Kamakawiwo'ole, merci.
Pour ne pas finir sur une note négative, parce que The Descendants ne le mérite pas - c'est un bon film, rappelons que, grâce à ce joli rôle de composition, George Clooney est en compétition avec Jean Dujardin pour l'Oscar du Meilleur Acteur. Une nomination méritée. Les récompenses seront décernées le 26 février.
Dé.L.
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