"Dos au mur" nous donne le vertige

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Par: rédaction
15/02/12 - 08h53
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"Dos au mur" est le nouveau thriller à sensations fortes qui débarque dans nos salles ce mercredi. Mais de sensation il n'est question qu'en vertu de la performance des acteurs, dont celle de Sam Worthington, resté suspendu au-dessus du vide durant la majeure partie du film. Car derrière ce numéro d'équilibriste, le film et son intrigue ratent leur descente en rappel.

Ex-flic en fuite après avoir été condamné à 25 ans de prison pour un crime qu'il n'a pas commis, Nick Cassidy (Sam Worthington) ne trouve autre choix que de menacer de se suicider pour clamer son innocence et entreprendre d'ultimes négociations avec la police et l'une de ses négociatrices, Lydia Spencer (Elizabeth Banks). Perché sur la corniche du 21e étage d'un hôtel de Manhattan, Cassidy compte sur la complicité de Joey, son frère (Jamie Bell), et la petite amie de ce dernier (Genesis Rodriguez) pour prouver qu'il est victime d'une machination.  

Fleuret moucheté
À la lecture du scénario, écrit par Pablo Fenjves (nègre de l'autobiographie d'O.J. Simpson), "Dos au Mur" inspire action, tension et vertige. Et soulève des questions sur les effets destructeurs de l'erreur judiciaire ou la solitude d'un homme qui n'a que pour seule arme un fleuret moucheté. Si cette description séduit en première lecture, il appert que la suite se montre nettement moins enthousiasmante. Pour ne pas dire tombe complètement à plat. "Dos au Mur" (en v.o. "Man on a Ledge", nom de code de la police de New York pour annoncer la présence d'un suicidaire sur le rebord d'un immeuble) perd peu à peu son intérêt tant l'intrigue s'emmêle les pinceaux. Où plutôt perd en intensité. Et à cette hauteur, la chute s'avère douloureuse.

Torticolis
Les promesses du début laissent place à une progression devenue subitement banale, où les références avouées à d'autres films du genre, comme le "Négociateur" (celui qui cite "Sueurs froides" est prié de quitter la salle), sautent aux yeux. Et laissent le spectateur impuissant dans ce huis-clos où, heureusement, Sam Worthington, dont la performance, -même accroché à un câble- est à souligner, sauve les apparences. À l'instar d'Elizabeth Banks, qui passe le plus clair de son temps dans l'entrebâillement de la fenêtre à tenter d'élucider les réelles motivations du désespéré. Attention au torticolis.

Sur-mesure
Pendant ce temps, Jamie Bell (Joey Cassidy), aidé par sa petite copine, la sculpturale Genesis Rodriguez (Angie), essaie de s'introduire dans un bâtiment en chipant les trucs et astuces de "Ocean's Eleven" ou de "Mission Impossible", et Ed Harris apparaît en méchant de service, dont la toute puissance transpire au travers du mobilier en ronce de noyer de son bureau et de ses costumes sur-mesure. Pire, seules ces apparitions ponctuelles nous rappellent qu'il figure au générique.

À donner le tournis
Pour le reste,  on en oublie presque qui a été tué, mais on s'accroche à essayer de décrypter qui se cache derrière tout ça. Ces seuls rebondissements manquent cruellement de panache pour installer le doute et pour tenir éveiller une assistance dont les effets de caméra du réalisateur Asger Leth ou l'exercice d'équilibriste de Worthington font à peine sursauter. On n'en veut à personne, mais là-dessus, désolé, la sauce n'a pas pris. La réussite d'un film ne se limite pas à quelques coups d'éclat visuels. Fussent-ils à 60 mètres de haut. À vous de voir, mais nous, on en a encore le tournis.

L. Struys, correspondant à Hollywood

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