Kermit et les Muppets crèvent l'écran

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Par: rédaction
15/02/12 - 07h41
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Ils sont de retour! Après plus de dix ans d'absence, les Muppets déboulent ce mercredi dans nos salles. Pour ce premier projet sous le label Disney, Kermit, Peggy et leurs compagnons repartent à l'aventure avec leur cynisme légendaire pour sauver leur célèbre théâtre, menacé de démolition. À l'heure des films d'animations, restait à voir comment se comporteraient ces marionnettes d'un autre âge. Bien, heureusement pour elles, et pour leurs fans. Qui a dit "has been"?

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C'est à Jason Segel que l'on doit le retour des Muppets. Et les fans ne le regretteront pas. © ap.

Une décennie, ou plus exactement treize ans que les Muppets ont été mis au ban du 7e art au lendemain de leurs déboires, balayés par la critique, dans l'espace. Depuis, plus rien. À l'exception de capsules sur le web ou d'un anecdotique retour cathodique en France, mis en musique par Sébastien Cauet et rapidement sacrifié sur l'autel de l'audimat. Au grand soulagement des fans. Entre-temps, la bande à Kermit, passée sous la coupe de Disney en 2004, a continué à se morfondre tout en constatant l'héritage culturel transmis à une génération qui, aujourd'hui, se bidonne devant les facéties des personnages Pixar ou des Simpson.

Fan absolu
Institutions de la tranche 35-50 ans, les Muppets doivent leur retour à James Segel ("How I Met Your Mother"), fan de la première heure, qui a co-scénarisé (avec Nicholas Stoller) le film. Symbole d'une génération qui a vu leurs exploits par le biais des rediffusions, l'acteur de 31 ans était un fan absolu de Kermit. "La chambre de mon appartement contenait posters et figurines des Muppets, nous a confié Segel en interview, je les ai enlevés lorsque j'ai réalisé qu'ils étaient la raison de mon célibat". Ne manquait plus qu'une rencontre en 2008 avec les studios Disney pour mettre sur rail le projet de faire revenir ses idoles de jeunesse au cinéma. Une grande envie combinée à l' occasion des studios d'enfin valoriser une franchise rachetée aux héritiers de Jim Henson faisait le reste.

Oz boude
Et l'idée de base est on ne peut plus limpide. Les Muppets, séparés depuis des années, se réunissent sous l'impulsion de Gary (Jason Segel), de son frère Walter (lui-même Muppet) et de Mary (Amy Adams), fans de la première heure, pour sauver leur théâtre, dont la richesse inexplorée des fondations attise la convoitise de Tex Richman (l'oscarisé Chris Cooper), un magnat du pétrole.  Aussi simple soit-il, le scénario du film suit la ligne directrice des années 70. N'en déplaise à l'ancienne garde, tel que le célèbre Frank Oz (marionnettiste de Peggy ou Yoda, nldr) qui avait déclaré que le script ne respectait pas les personnages.

Riche recette
Or, Jason Segel et son compère d'écriture parviennent à reproduire ce qui a fait le succès des marionnettes. Avec une dose de situations rocambolesques, relevée à l'humour (très) décalé, un zeste de passages musicaux (dont un flash mob sur Hollywood Boulevard), une poignée de personnages toujours aussi zélés (la baston à l'asile où a été interné Animal vaut à elle seule le détour) et une brochette de caméos (Jack Black, Zach Galifianakis, Dave Grohl, Whoopie Goldberg, Neil Patrick Harris, Feist), le film "Les Muppets" mélange tous les ingrédients de leur riche recette du succès passé. Et Segel et James Bobin, le réalisateur, évitent de réchauffer les plats. À 40 millions de dollars l'addition, le pari était risqué. Mais est relevé comme en atteste les 87 millions de dollars de recette engrangés sur le sol américain. On doute qu'après un tel succès, Kermit, Peggy -sur son trente et un-, Fozzie ou Gonzo (et leurs juteux produits dérivés) soient rangés au frigo.

On regrettera cependant l'histoire d'amour niaise entre Jason Segel et Amy Adams ou le jeu un peu lourd de ce dernier qui transpose, en version long métrage, son personnage d'indécis idéaliste maladroit de "How I Meet Your Mother". Mais on l'excusera, car les vrais héros sont ces marionnettes qui, en dépit de leur âge ancestral, n'ont pas pris une ride. Pour le plus grand plaisir des parents qui, à n'en pas douter, présenteront à leurs enfants les Simpson de leur temps. Sans lunettes et en 2D.

L. Struys, correspondant à Hollywood.


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