Le nouveau Tim Burton: un mix des Visiteurs et d'Edward aux mains d'argent

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8/05/12 - 08h00

Dark Shadows sort demain au cinéma.

Tim Burton ne s'en lasse pas: c'est la 8e fois qu'il fait appel à Johnny Depp pour tenir le rôle principal de l'un de ses films. Pour l'effet de surprise, on repassera. Dans Dark Shadows, Johnny est Barnabas Collins, dragueur innocent qui a énervé la belle, jalouse et méchante socière Angéline Bouchard. Puisqu'il en aime une autre et qu'il se détourne d'elle, elle le transforme en vampire avant de l'enterrer vivant.

Barnabas aura quelques années devant lui pour méditer sur son sort: sa nouvelle condition lui vaut d'avoir un teint blafard, des ongles à la manucure gothique mais aussi l'immortalité. Il sort de son cercueil par accident en 1972 et il fait ce que tout le monde ferait à sa place dans le même cas (si, si...): il rentre chez lui. Il rencontre donc ses descendants, une famille complètement zarbi, et retrouve sa sorcière sexy toujours un peu énervée.

Une scène érotico-fantastique mémorable avec Eva Green
Après avoir vu la bande-annonce, on craignait le traditionnel cabotinage de Johnny Depp. De Pirates des Caraïbes à Rhum Express, Johnny gigote, grimace, tréssaute, s'étonne...: des attitudes de plus en plus agaçantes. Mais heureusement, il n'en est rien. Johnny Depp retrouve un cadre de jeu tout à fait convaincant, drôle et dark à la fois. Bien dirigé, il assure le spectacle sans décevoir un instant les amateurs de l'univers de Burton.

Ce sont les femmes, cependant, qui marquent les esprits. Michelle Pfeiffer retrouve son panache d'antan en matriarche d'une famille de dinguos et Eva Green est magnétique en sorcière sans coeur. La scène érotico-fantastique entre elle et Johnny Depp est un bien beau ballet.

Visuellement, Tim Burton remplit son contrat de bout en bout: c'est inventif et maîtrisé. On regrettera surtout une faiblesse scénaristique. Si le mélange de genre entre Edward aux mains d'argent et Les Visiteurs (notamment pour la scène où Barnabas découvre le bitume après être sorti de son cercueil) est bien dosé et que là il y aurait pu avoir certaines lourdeurs (un vampire qui découvre l'existence du McDo, l'idée de l'anachronisme n'est pas nouvelle), Tim Burton ne s'appesantit pas et du coup n'offre que de la légèreté, l'histoire n'est pas assez forte pour passionner le spectateur pendant deux heures.

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