Le Lorax est le gardien de la forêt d'arbres Truffula qui suscitent la convoitise d'un jeune entrepreneur ambitieux et peu scrupuleux..
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Tiré du grand classique de la littérature américaine pour enfant, "le Lorax", dernier film d'animation des studios Universal, pose un regard objectif et humoristique sur l'importance de l'équilibre entre le progrès et la protection de la nature. Surfant sur la vague environnementale, le film, qui sort ce mercredi dans les salles, adopte une position éducative plutôt que politique qui distraira jeunes et moins jeunes.
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Écrit en 1962 par Dr. Seuss, icône de la littérature américaine pour enfant dans les années soixante et créateur du Grinch, "le Lorax" suit le voyage de Ted, un jeune garçon de douze qui, pour séduire Audrey, la fille de ses rêves, part à la recherche de la dernière graine d'arbre existante sur terre. Un périple au cours duquel l'ermite Gash-Pilleur lui contera l'histoire du Lorax, gardien de la forêt d'arbres Truffulla qui va lutter contre un jeune entrepreneur peu scrupuleux et déterminé à tirer bénéfice de cette riche nature.
Un voyage entre passé et présent qui va amener le jeune Ted à transformer le destin de Thneedville, la ville-rempart colorée où la végétation n'est que plastique et fausse herbe. Réalisé par l'équipe de "Moi, moche et méchant", "le Lorax" est un message d'amour à notre planète, comme nous l'ont expliqué Paul Cinco et Ken Daurio, les deux scénaristes du film à qui l'ont doit cette adaptation réussie et que nous avons rencontré dans les studios Universal de Hollywood.
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Quel a été le plus grand défi pour créer un film comme celui-ci?
Cinco Paul: C'est de faire d'un livre pour enfants de 48 pages un film de 90 minutes tout en restant fidèle au ton et au message. À l'origine, rien ne préexistait à la rencontre entre Ted et le Gash-pilleur. On a donc construit l'environnement du garçon, son histoire d'amour avec Audrey.
Ken Daurio: Le livre ne nous dit pas qui est Ted, d'où il vient et pourquoi il est là. Nous avons dès lors pu construire son histoire, le début de sa quête, sa ville et ses problèmes, pourquoi il la quitte pour partir à la rencontre du Gash-pilleur. Le livre se termine tout aussi brutalement qu'il a commencé, nous laissant ignorants. On a dès lors pensé à ce qui aurait pu se passer une fois sa quête achevée.
C.P.: L'autre difficulté a été de gérer la longueur du projet. Un film d'animation est en quelque sorte un marathon. Un film d'animation prend entre trois et quatre ans. Une période durant laquelle vous êtes susceptibles de réécrire l'histoire. C'est toujours un challenge. Faire une histoire qui a du sens du début à la fin est un réel défi. Surtout dans ce film, où il y a une histoire dans l'histoire, avec des allers-retours entre le présent et le passé.
Le tout en restant fidèle à l'histoire originale
C.P.: Exact. Ce livre fait partie de la culture américaine. Tout le monde a appris à lire avec le Dr. Seuss. On ne souhaitait pas y ajouter des références de la culture pop ou extérieures et non-conformes à la version originale. On s'est imposé cette limite. Les nouveaux personnages que sont, entre autres, O'Hare, le méchant homme d'affaire, ou Audrey et sa préoccupation pour l'environnement et son histoire d'amour avec Ted, respectent les codes de l'ouvrage.
K.D.: La veuve du Dr. Seuss insistait pour que nous ne dénaturerions pas l'histoire de son mari. Elle a été impliquée dans l'écriture de ce livre, sorti en 1962, et la couleur, qui auparavant se limitait au bleu et au rouge, est la marque la plus visible de son influence sur l'oeuvre de Seuss. Elle était dès lors très concernée par la texture du film. Elle voulait aussi s'assurer que le message soit préservé. Nous l'avons rencontrée à de nombreuses reprises et nous partagions le même avis. Nous devions absolument garder l'essence de l'histoire et permettre à chaque spectateur de tirer sa propre conclusion.
C.P.: C'est d'ailleurs le message du film. La dernière graine sur terre est une forme de message d'espoir. Et la question en filigrane est la suivante :"Que feriez-vous de cette dernière graine?".
Les questions actuelles liées à l'environnement ont-elles guidé votre démarche et votre volonté d'adapter cette histoire sur grand écran?
K.D.: Oui, c'est une manière de remettre ce message sur la table. Le moment est opportun. Les années passent, mais rien ne bouge. Mais ce n'est pas un message politique, c'est un message d'amour à notre planète qui est magnifique et que l'on doit préserver. C'est notre façon de participer à l'éducation à l'environnement des enfants d'aujourd'hui.
C .P.: Le livre est sorti en 1962 et son avant-gardisme à ce sujet est inouï. Et nous sommes fiers de participer, à notre manière, à ce mouvement. La réalité des personnages du film et la nôtre sont finalement proches. Eux sont encerclés par un mur, et nous, nous avons notre environnement proche qui nous empêche de voir ce qu'il y a au-delà. On aime fermer les yeux et prétendre que tout va bien.
K.D.: D'une manière générale, nous écrivons simplement ce dont nous aimons parler. Et nous ne ciblons pas nécessairement les enfants: nous ne voulons pas tomber dans le piège des films pour enfant naïfs et irréels. Il nous importait d'intéresser aussi les parents.
De quelles villes vous êtes vous inspirés pour créer Thneedville?
C.P.: Beaucoup de villes modernes nous ont inspirés. Mais Las Vegas est la première référence, ne serait-ce qu'en raison de la difficulté d'y trouver une vraie plante; tout est en plastique. Question de facilité, cela demande peu d'entretien. Et puis, Vegas est coloré, aveuglant...
K.D.(enchaîne): ...et marrant. Et l'environnement de Vegas est dingue. Il y a de la neige artificielle, des montagnes et une ville. Tout est faux. Mais les gens adorent s'y rendre. On oublie que tout est irréel, qu'on vit dans une bulle.
C.P.: C'est comme Dubaï, qui a été une autre source d'inspiration. Il était important de se documenter pour mieux se figurer à quoi ressemblent un faux arbres.
On remarque pourtant que les gens sont de plus en plus séduits par les plantes en plastique
K.D.: Oui. D'ailleurs, nous avons énormément observé notre voisinage. À voir l'attitude des gens, on peut se demander où cela va-t-il s'arrêter? Si nous ne nous arrêtons pas, notre environnement sera entièrement plastifié.
Ken Daurio (G) et Paul Cinco.


