Un casse de 50 millions demande du talent mais pas d'arme

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Par: rédaction
17/04/08 - 12h15
Jean-Paul Rouve s'essaie à la réalisation tout en endossant le premier rôle de son film, celui du bandit Albert Spaggiari, auteur du fameux casse de Nice.
Ce fait divers réel avait déjà donné naissance aux "Egouts du paradis".
L'ex-Snul Stefan Liberski fait une apparition dans la peau du directeur de la banque. Rouve et notre compatriote avaient déjà collaboré sur "Bunker Paradise".
De Gilles Lellouche et Alice Taglioni, qui sera le meilleur complice?
Lellouche s'impose en tout cas parmi les plus convaincants du casting.
Pour cette première oeuvre, Rouve signe un travail soigné, ponctué de l'une ou l'autre trouvaille. Son jeu d'acteur reste quand même plus palpitant que son rythme de narration.

Premier film du comédien Jean-Paul Rouve en tant que réalisateur, Sans arme ni haine ni violence s'inspire d'un fait divers resté dans les mémoires françaises, le casse de Nice, pas celui de Brice, celui d'Albert Spaggiari. L'histoire vraie avait déjà donné naissance aux Egouts du paradis, tourné à la fin des années '70, avec Francis Huster. Elle permet cette fois à Rouve de s'amuser avec trois missions: l'écriture, la comédie et la mise en scène.

Ancien de l'Indochine reconverti photographe, Spaggiari est resté célèbre pour le pillage de la salle des coffres d'une banque niçoise, organisé par les égouts en 1976 et récompensé par un magot de quelque 50 millions de francs. Le mot laissé pour narguer les employés, "Ni arme, ni violence et sans haine", a évidemment déteint sur le titre de Rouve.

Une couverture en Amérique du Sud
Le film commence avec l'évasion de Spaggiari, puis suivra sa rencontre avec un pseudo journaliste, accueilli sur son lieu de retraite en Amérique du Sud, qu'il espère assez éloigné de la police française. En manque de reconnaissance et de célébrité, le bandit tente de se poser en héros insaisissable à glorifier, espérant finir en couverture de Paris Match.

Rapports humains
Le titre l'indique, rien ne sert d'aller voir Sans arme ni haine ni violence pour voir du flingue et de la castagne. Il est d'ailleurs amusant de constater que le film partage l'affiche avec J'ai toujours rêvé d'être un gangster, autre film noir français qui évite la force. Le long métrage de Rouve correspond plutôt à un film policier tissé de rapports humains et n'est pas vraiment un film de gangsters proprement dit. Quelques détails mis à part, l'humour efficace que l'on connaît à l'acteur est par ailleurs refoulé.

Chacun son tour
Déjà crédités pour le scénario de RRRrrrr !!!, d'Alain Chabat, les membres de la joyeuse bande des Robins des Bois diversifient tour à tour leurs activités. Après Pierre François Martin-Laval alias PEF (Essaye-moi) et Maurice Barthélémy (Papa), c'est cette fois Jean-Paul Rouve qui passe derrière la caméra. Outre le scénario, les dialogues et la mise en scène, il endosse aussi le rôle principal de Spaggiari. Un gros projet. En tant que réalisateur, Rouve assure un travail soigné et offre l'une ou l'autre trouvaille, particulièrement dans les transitions. Mais si son film se laisse suivre sans soupir, le récit peine cependant à passionner.

Ch'tis
Côté casting, Gilles Lellouche et Alice Taglioni héritent des autres rôles principaux, le premier se montrant plus convaincant que la seconde. L'humoriste marseillais Patrick Bosso et la jolie Anne Marivin, vus tous deux dans Bienvenue chez les Ch'tis, tiennent un second rôle, tandis que notre compatriote Stefan Liberski signe une apparition, étant promu directeur de la Société Générale. Les plus attentifs se souviendront que l'ex-Snul avait engagé Rouve pour incarner le personnage central de son premier long métrage, Bunker Paradise. Le dinosaure Gérard Depardieu fait quant à lui une non-apparition dans la peau d'un parrain.

Avec ce premier long, Jean-Paul Rouve démontre qu'il est capable de coiffer plusieurs casquettes à la fois, mais son jeu d'acteur reste quand même plus palpitant que son rythme de narration. Il prend le risque de jouer la carte du film d'auteur (ou presque), restera à voir s'il pourra toucher un large public avec ce bel objet.

Sébastien Cools

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