Wallimage spécialise ses outils et soutient plus l'animation
Wallimage, pôle régional wallon de l'audiovisuel, rationnalise ses outils et se dédouble désormais en deux branches distinctes: Wallimage Productions et Wallimage Entreprises.
Wallimage Productions, ex Sowalim (Société wallonne de l'image), continue d'investir dans des films tournés, (co-)produits ou post-produits en Wallonie tandis que Wallimage Entreprises, ex Inwa (Incubateur numérique wallon), constitue désormais un fonds d'investissement, un holding financier public favorisant le développement d'entreprises liées aux métiers du cinéma, "et ce dans l'objectif de créer et renforcer en Wallonie une filière économique liée au cinéma", a souligné Jean-Claude Marcourt, ministre de l'Economie, lundi à Liège.
Les deux branches deviennent donc des sociétés distinctes, toutes deux "conseillées" par Wallimage, "ce qui répond à la critique potentielle de conflit d'intérêt", souligne le ministre. Etant, d'une part, actionnaire de sociétés liées au cinéma et décidant, d'autre part, de soutenir tel ou tel film, Wallimage a en effet parfois dû faire face à la critique d'être à la fois juge et partie.
Attaché au soutien financier de films, Wallimage Productions augmente son enveloppe: de 2,5 millions d'euros par an, elle passe à 3,5 millions, dont 1 devra au minimum être affecté au cinéma d'animation. "Le secteur bien spécifique de l'animation émerge en Wallonie; il s'agit d'une véritable industrie, différente du cinéma traditionnel" a spécifié le ministre wallon. De façon générale, l'argent investi par Wallimage dans des productions a un effet multiplicateur à 300% au sein de la Wallonie. "Pour 100 euros investis dans un film, cela engendre en moyenne 300 euros dépensés en Wallonie", note Philippe Reynaert, directeur de Wallimage.
L'autre facette, Wallimage Entreprises, provient du "recyclage" de l'argent investit au départ dans l'incubateur wallon, dont le projet a été stoppé. Ces 6 millions d'euros serviront de capital de départ pour investir dans diverses sociétés regroupées notamment dans le Pôle Image de Liège ou dans Virtualis à Mons. "Nous voulons faire croître notre savoir-faire et accentuer la notoriété de la Wallonie dans le secteur du cinéma, qui repose sur deux piliers: les talents et les outils industriels", a conclu Jean-Claude Marcourt.
Pour rappel, sur les 15 films financés par Wallimage qui sortiront sur les écrans en 2008, 4 ont été sélectionnés pour le Festival de Cannes qui débute demain/mercredi:
Le silence de Lorna des frères Dardenne (compétition officielle),
Eldorado de Bouli Lanners,
Elève libre de Joachim Lafosse (Quinzaine des réalisateurs) et
Home de Ursula Meyer (Semaine de la Critique). (belga/7sur7)