Avec A l'origine, Xavier Giannoli peint une "fresque intime"

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Par: rédaction
23/05/09 - 12h27

Un petit arnaqueur, dépassé par sa propre escroquerie, va redonner espoir à toute une ville et surtout à lui-même en montant un faux chantier d'autoroute, dans A l'origine, une "fresque intime" de Xavier Giannoli tirée d'une histoire vraie et présentée en compétition à Cannes.

Un voyou qui devient patron
On "parle beaucoup des patrons-voyous. J'ai voulu faire un film sur un voyou qui devient patron", a ironisé le metteur en scène de Quand j'étais chanteur ou Les corps impatients.

Giannoli, déjà lauréat en 1998 de la Palme d'Or du court-métrage pour L'interview, se défend d'avoir voulu présenter un drame social. C'est une "fresque intime sur une aventure humaine", sur un "rebelle qui reconstruit ce que les rebelles veulent d'ordinaire détruire, les valeurs morales ou celles de la famille", dit-il.

Paul (François Cluzet) sort de prison. Seul, sans argent, il se remet bien vite à monter des petites escroqueries dans le monde du BTP, qu'il connaît pour y avoir travaillé. Il arrive un jour dans une petite ville du nord de la France, sinistrée par le chômage, où s'est arrêté deux ans plus tôt un chantier d'autoroute. Tous, habitants, autorités municipales, entrepreneurs locaux, veulent voir en lui le sauveur qui va faire repartir le chantier.

Endossant le rôle de Philippe Miller, chef d'une entreprise imaginaire, le petit escroc va les laisser croire à leurs propres illusions, avant de se prendre lui-même au jeu du chantier.

Une histoire vraie
Le scénario du film part d'un fait divers réel, sur lequel le réalisateur a enquêté, rencontrant l'escroc en prison, l'ancien juge d'instruction de l'affaire - qui joue son propre rôle dans le film - et les protagonistes de l'histoire. L'escroc a aujourd'hui disparu après avoir accompli sa peine. "Tout le monde avait envie et besoin de croire à cette histoire", dit Giannoli, et son héros, qui veut "être aimé et être utile, va vouloir être à la hauteur de ces illusions", dit-il.

Sans oublier la nécessité de donner un vrai suspense à cette histoire étonnante, le film, un peu long (2h35), décline avec subtilité les émotions de chacun, l'espoir chez les habitants, leur solidarité, l'envie de se réaliser chez le héros, le trouble pour la maire de la ville (Emmanuelle Devos).

Depardieu et la chanteuse Soko à l'affiche
La jeune chanteuse Soko, découverte grâce à une chanson postée sur internet, joue une jeune employée. Gérard Depardieu, en voyou, fait plusieurs apparitions.

Le tournage devait se faire au départ sur un vrai chantier d'autoroute, arrêté deux mois avant le premier tour prévu de manivelle, a raconté Giannoli. Un paysan du coin, aujourd'hui loueur d'engins - présent à Cannes - a alors prêté ses champs et ses engins pour un faux chantier. Le film sortira en salles en octobre. (afp/dl)

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