Patrice Leconte se lance dans l'animation
Touche-à-tout, réalisateur de comédies populaires (
Les Bronzés) ou de drames (
M. Hire), Patrice Leconte se lance dans l'animation en adaptant le best-seller de Jean Teulé
Le magasin des suicides, qui combinera "humour très noir et très joyeux".
"Jean Teulé est un auteur que j'adore", explique le réalisateur, qui a découvert en 2007 ce roman racontant l'histoire des Tuvache, famille de commerçants spécialisée dans la vente de matériel nécessaire au suicide, qui sera bouleversée par l'arrivée de la joie de vivre, incarnée par l'un des fils. "J'avais trouvé le livre plaisant, mais je n'imaginais pas une seule seconde qu'on l'adapte au cinéma", a poursuivi le réalisateur lors d'une conférence de presse mercredi au Festival international du film d'animation d'Annecy (8-13 juin).
Lorsqu'il y a quelques mois, un jeune producteur français, Gilles Podesta, (Diabolo Films) propose à Patrice Leconte d'adapter ce livre sous la forme d'un long métrage d'animation, qui sera co-réalisé avec Arthur Qwak (
Chasseurs de Dragons), le cinéaste trouve l'idée "brillante". "J'ai plongé dans cette aventure, pas uniquement parce que je me disais
j'ai jamais fait de film d'animation, c'est rigolo et qu'une aventure nouvelle m'excitait beaucoup, mais aussi parce que traiter cette adaptation pour un film d'animation donnait un éclairage enthousiasmant au livre", souligne le réalisateur."J'ai dit oui tout de suite et je m'y suis mis" à écrire le scénario "dans l'après-midi", poursuit-il, ajoutant avoir achevé la version définitive de l'adaptation qui a, selon lui, convaincu Jean Teulé.
Le film en 3D relief, dont la réalisation devrait débuter en janvier 2010, sera "d'un humour très noir et très joyeux", promet Patrice Leconte, dessinateur autodidacte, qui compte aussi s'investir dans la création des personnages, des décors et de la mise en scène aux côtés de Qwak, spécialiste de l'animation.
"Dans ce film, tout le monde est d'une morosité totale. C'est pas la crise, c'est la crise de la crise de la crise", souligne Patrice Leconte. Une situation "affreuse" que Leconte s'est amusé à raconter en choisissant une écriture "super joyeuse, optimiste et positive". Le cinéaste a également eu plaisir à imaginer Alan, fils de Mme Tuvache, incarnant "bonne humeur et joie de vivre", qui bouleverse l'équilibre familial comme une "espèce de tache dans un monde sinistre".
Embarrassé par la fin pessimiste du livre, le cinéaste a préféré un dénouement heureux. "Même si c'est un film joyeux, il est assez noir tout le long alors si en plus il se termine mal, c'est trop lourd", dit Patrice Leconte, donnant rendez-vous au public dans trois ans. (afp/cb)