Le grand cinéaste américain Martin Scorsese a affirmé que l'humour lui a été transmis par sa mère et que la violence dans ses films vient du quartier où il a grandi. "Ma mère, avec laquelle j'étais très proche, ainsi que sa famille avait un grand sens de l'humour et je pense que l'humour que l'on retrouve dans les personnage de mes films vient du côté de la famille de ma mère qui s'appelait Capa", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse dimanche à Marrakech ou se tient le 7e festival international du film.
Interrogé sur la violence dans ces films, il a concédé qu'il "avait effectivement une grande violence mais elle n'apparaissait que dans les films qui se focalisent sur un monde très spécifique, celui où j'ai grandi, c'est à dire un groupe de personnes vivant sur une partie de Manhattan. C'était des émigrants venus d'Italie, et plus spécialement de Sicile. Ce metteur en scène, qui a tourné deux films au Maroc qu'il affectionne particulièrement, a remis vendredi soir une "Etoile d'or" à la star hollywoodienne Léonardo di Capario et a offert samedi une leçon de cinéma aux festivaliers.
"La nature de la violence dans le monde où j'ai grandi n'était pas futile ou inutile. C'était une violence très sérieuse. La violence est quelque chose que j'ai expérimentée, que j'ai vue. Elle m'a fait grande impression et quand j'essaie de la montrer dans les films je n'essaie pas de l'embellir mais je la montre telle que je pense l'avoir vue dans mon quartier", a-t-il ajouté. "J'essaie de le faire le plus honnêtement possible (....) Ce sont les personnages que je traite dans mes films, c'est la nature des films que je réalise", a souligné ce réalisateur de 65 ans qui a dirigé une trentaine de films depuis quarante ans.
Asthme
Il a confié que c'est l'asthme qui lui a fait découvrir le cinéma car ne pouvant pas faire du sport, sa mère l'emmenait souvent au cinéma. "Les premières images qui m'ont marqué étaient des scènes dans Duel au Soleil de King Vidor en 1946. J'avais quatre ans et je pense que ma mère voulait le voir car il était entouré d'un grand scandale en raison de la sensualité du film. Elle a pris prétexte que j'aimais les westerns pour m'y amener", a-t-il ajouté.
Quatre films en compétition ont été présentés depuis samedi: le long métrage chinois The red awn de Cai Shanjuin, qui narre les rapport difficiles entre un père et son fils à la campagne, le film mexicain Used parts d'Aaron Fernandez sur les larcins commis par un oncle et son fils pour ramasser l'argent afin de passer clandestinement aux Etats-Unis. Dimanche, ont été présentés le film marocain les Jardins de Samira de Latif Lahlou, sur l'attirance d'une femme pour le jeune neveu de son mari, et le film français Actrices de Valeria Bruni-Tedeschi, sur les divagations d'une comédienne de théâtre âgée de 40 ans, célibataire et sans enfant.
Fête du cinéma
Quinze films sont en compétition représentant l'Estonie, la République tchèque, la France, la Russie, la Finlande, la Serbie ainsi que les Pays-Bas, l'Algérie, le Japon, le Maroc, les Philippines, la Chine, les Etats-Unis, le Mexique et la Corée du Sud. Au cours de cette "fête du cinéma" qui dure jusqu'au 15 décembre, sont projetés 110 films représentant 23 nationalités Le Festival doit saluer les réalisateurs marocain Mustapha Derkaoui, japonais Aoyama Shinji et américain Abel Ferrara.
Pour souffler sur les soixante-dix bougies du cinéma égyptien, le Festival projettera une quarantaine de films de 1937 à aujourd'hui. Un panorama du cinéma marocain est également présenté. Comme chaque année, plusieurs films sont projetés sur la célèbre place Jemaâ el Fna de Marrakech et samedi avec Aviator, Di Caprio et Scorsese ont été ovationnés. (afp)


