David Guetta: "Demain? Je ne sais pas où je serai, pour vous dire où j'en suis!"

David Guetta bat tous les records. Sa participation à l'album des Black Eyed Peas lui vaut d'être numéro un aux Etats-Unis depuis des semaines et son titre avec Kelly Rowlands, ex-Destiny's Child, a bercé les ondes tout l'été. On pensait du coup que le DJ français serait moins facile à atteindre. On se trompait. De passage à Anvers il y a quelques jours, il est revenu avec nous sur son incroyable succès.

Votre nouvel album, One love, vous offre une reconnaissance mondiale. Quel a été le point de départ de ce disque?
Le point de départ, ça a été ma rencontre avec Kelly Rowland. J'étais dans le Sud le France dans un club qui s'appelle Le Palais, à Cannes. Kelly voulait me rencontrer parce qu'elle adorait Love is gone. Elle est venue me voir et j'ai joué l'instrumental de Love takes over. Elle a adoré et m'a demandé si elle pouvait écrire une chanson dessus. La même semaine, c'est un hasard, un signe de la vie, Will.i.am m'a téléphoné en me demandant des titres pour un album des Black Eyed Peas. Je suis parti à Los Angeles et on a fait Rock that body et I got a feeling, qui est toujours numéro un depuis. Un carton pareil, c'est incroyable. Ce travail avec Kelly et les Black Eyed Peas, ça a été mon inspiration pour partir dans cette direction, ce mélange entre la culture européenne électronique et la culture urbaine américaine. On était excités comme des gamins en studio. On a décidé d'appeler ça de l'électro hop. Kelly et Will ont commencé à parler de moi et à faire écouter les morceaux. Ma seule réponse aux demandes c'était: moi je peux produire des titres pour vous mais je vous veux sur mon album en échange.

Tout a l'air de s'être passé facilement...
Ca s'est passé incroyablement facilement. On imaginait qu'il y aurait des histoires d'avocats et tout ça, mais pas du tout. C'était facile.

Ca veut dire que vous avez passé plus de temps aux Etats-Unis que d'habitude. Comment ça s'est passé?
Oui, trois mois pour enregistrer les voix. La manière de travailler aux Etats-Unis est complètement différente de la mienne. Je fais de la musique sur mon ordinateur portable ou dans un home studio. Là, je me suis retrouvé dans un environnement complètement différent techniquement. J'étais impressionné.

Cette reconnaissance internationale, vous l'espériez, vous l'avez. C'est possible de faire mieux?
(Il rigole). J'ai toujours espéré une reconnaissance internationale en tant que DJ et j'ai réussi à l'avoir. Après, honnêtement, en tant qu'artiste et producteur, je n'ai jamais pensé que ça irait jusque là. En ce moment, c'est vraiment dingue, tous les plus gros artistes m'appellent. Je suis très très flatté. C'est extraordinaire d'avoir la possibilité de travailler avec des gens qui ont autant de talent. Parce qu'il y a ce que je fais moi mais il y a aussi ce que eux apportent.

Ca veut dire qu'on vous verra moins en Europe?

Non. Je passe seulement deux, trois mois aux Etats-Unis. Je suis très attaché à l'Europe, à la France, mes enfants vont à l'école en France et je veux que ça continue. Ils vont à la maternelle, c'est des bébés mais j'ai envie qu'ils grandissent en Europe.

C'est facile d'entretenir une sorte d'ambiance familiale?
Non, pas du tout.

C'est quoi le secret?
J'ai une femme super.

Des rumeurs disent que Britney Spears aurait fait appel à vous...

Non, ce n'est pas concret. J'ai eu un appel de gens qui s'occupent d'elle, mais ce n'est pas plus que ça pour le moment. Entre prendre contact et faire un morceau ensemble, il y a tout un chemin.

Vous avez joué dans un avion. Que peut-on encore attendre de vous, avez-vous d'autres projets fous?
Je ne cherche pas forcément à faire des records. Ca a été possible, je trouvais ça génial de faire danser les gens dans un avion, surtout entre Paris et Ibiza, surtout pour la sortie de mon album One Love. Mais il n'y a rien en préparation pour le moment dans ce style-là. Je ne veux pas que ça soit systématique. C'est important de garder un équilibre entre le grand spectacle et un club plus underground, parce que c'est de là que je viens. C'est ce qui fait que je continue à avancer. Je n'ai pas juste envie d'avoir une vie de popstar, je suis DJ avant tout.

On vous voit partout, on vous entend partout, vous n'arrêtez jamais. En 2007, vous parliez pour la première fois du jour où vous vous êtes fait hospitaliser. C'était grave, vous auriez pu mourir. C'est de là que vient cette boulimie d'énergie?
C'est drôle que vous me parliez de ça, parce que je suis à Anvers, dans l'hôtel où c'est arrivé. C'est bizarre comme sensation. Ce qui est
venu de là, c'est que j'ai décidé de me consacrer entièrement à la musique. En fait, une fois que je me suis consacré à 100% à la musique, ça a super bien marché et après, c'est le fait du bonheur que ça peut me donner. Ce qui fait que j'ai autant d'énergie, c'est le bonheur que me donne la musique et les gens quand je suis sur scène. Si je n'avais pas eu ce problème de santé, je ne serais pas senti capable, ou je n'aurais pas eu le courage d'aller jusqu'au bout de mes rêves. Ca a joué sur ma décision d'à quoi dédier mon temps.

Comment faites-vous pour rester en bonne santé avec une vie pareille?
Je dors. Je travaille en permanence, je ne m'arrête pas pour manger mais je dors.

Vous êtes ambassadeur du jeu DJ hero. Comment ça s'est passé, ça?
Quand j'ai été contacté, je ne savais pas trop comment réagir. J'étais flatté et en même temps ça allait être une grosse major qui allait mettre la main sur la culture DJ... On m'a d'abord envoyé Guitar Hero pour que je vois ce que c'est. J'ai adoré. Je suis allé les voir au bureau, où ils développaient le jeu. J'ai pris une grosse claque. Techniquement, ça marche super, et artistiquement, j'ai halluciné sur les choix qu'ils avaient fait, qui sont d'une grande qualité. J'ai été épaté.

Aujourd'hui, vous êtes en Belgique, et demain?
Aucune idée. Pour vous dire où on en est. (Il rigole) Je dors là où je travaille et je reprends la route le lendemain. Mais là, je ne sais pas où je vais.

Déborah Laurent
15/10/09 19h56
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