Renan Luce, roi des miros

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Par: rédaction
30/10/09 - 11h38

Avec Repenti, sorti fin 2007, et sa flopée de tubes (La lettre, Les voisines, Repenti, Monsieur Marcel...), Renan Luce avait réussi à s'imposer dans le petit monde de la chanson française, en tant que talentueux conteur d'histoire. Deux ans plus tard, après une belle tournée à guichets fermés, revoilà le chanteur au mini gabarit avec un joli album plein de tendresse sous le bras: Le clan des miros. Annoncé par le sympathique La fille de la bande, il devrait suivre le même chemin que son prédécesseur.

Renan Luce le présentait, en toute intimité, aux Studios Indigo à Bruxelles, mercredi soir. Son enthousiasme a conquis les priviligiés de la soirée et nous juste donné l'envie d'en entendre plus. Il sera à l'Ancienne Belgique le 19 novembre, mais c'est déjà complet, et le 23 avril 2010 à Forest National.

Rencontre dominicale avec un artiste simple et détendu.

Comment avez-vous vécu le succès de votre premier album?
Bien, parce que beaucoup sur la route. Pendant que tout s'agitait autour de moi, j'étais en concert avec un emploi du temps régulier qui fait que je n'avais pas trop le temps de réfléchir à tout ça. C'est ça qui m'a porté plutôt que les nouvelles qui étaient effectivement très bonnes et agréables. Donc très bien. J'ai terminé cette tournée gonflé à bloc, très excité. L'aventure de ce disque-là a quand même duré longtemps. Pendant tout ce temps-là, je n'ai pas écrit donc ça me manquait. Je suis sorti de là avec l'envie de m'y remettre.

Vous vous êtes donc remis au boulot tout de suite?
J'ai d'abord eu besoin de me reposer. La tournée, c'est un moment où on est un peu centré sur soi. Pour écrire des chansons, il faut être tourné sur l'extérieur, sur ce qui se passe autour. Il a fallu quelques mois d'adaptation pour retrouver le goût d'écrire, de retrouver mon carnet et de noter des petites choses, de prendre ma guitare aussi. Parce que je pense que cet album est plus né d'envie musicale plutôt que de thèmes ou d'histoires. J'avais envie de développer un certain son.

Vous n'aviez pas la pression: houlà, le premier disque a tellement bien marché, il faut que je fasse mieux?
J'ai le souvenir d'avoir eu des débuts difficiles. J'ai connu la page blanche, la sensation que ça ne va pas revenir. Et en fait, on se laisse un peu surprendre. Il y a une chanson qui vient, puis une deuxième et au final, ça ressemble à un disque. Je n'ai pas trop réfléchi. J'ai essayé de faire les chansons que j'avais envie de faire et de travailler les mélodies le plus possible. J'ai réfléchi aux arrangements, aux sons de mon album. Tout ça a fait que j'avais des préoccupations centrées autour de mon album plutôt que sur l'attente qu'il pouvait y avoir.

Pourquoi l'avoir appelé Le clan des miros?

C'est venu de la chanson. J'avais les deux premiers couplets, sans cette phrase, "le clan des miros" depuis quelques mois. Je bloquais. Je n'arrivais pas à synthétiser l'idée que j'avais. Et puis ça m'est venu, je ne sais pas comment, ça résumait bien l'idée que j'avais, ce constat qu'on est un peu non clairvoyant sur les choses qui nous entourent. On ne prévoit pas ce qui nous arrive, les rencontres. Il est agréable et confortable d'être dans son petit cocon mais que si on ne s'ouvre pas sur les choses, on se cogne un peu à la vie. C'est ce genre de remarques qui m'a fait écrire cette chanson. Une fois que je l'ai écrite, je trouvais qu'elle marchait bien en ouverture d'album et que le mot clan résumait bien ma manière de travailler, en équipe, avec des gens que je connais bien, des amis... Ca fonctionnait bien.

Le but c'est quoi quand vous prenez la plume? Qu'il y ait une vraie histoire, un début, une fin, un personnage?
Il n'y a pas toujours une dimension d'histoire. Ca arrive souvent parce que c'est quelque chose que j'aime bien. C'est une sorte de réflexe. Quand je veux aborder un thème, j'essaie souvent de trouver un personnage, un lieu, je construis ça comme une petite histoire et il y a souvent une conclusion. Il y a une sorte de mini scénario qui se dégage. Mon univers est visuel. J'aime bien que les gens puissent s'imaginer concrètement ce que je raconte, donc j'aime être assez précis.

La chanson Aux Timides Anonymes, c'est un peu vous?
Ca a pu être moi, à une certaine époque de l'adolescence. Aujourd'hui, je suis quand même un peu guéri de ça. C'est une chanson autour de l'affection que j'ai pour les timides. C'est un trait de caractère que j'aime bien. Je trouve ça touchant, et souvent ça révèle des personnalités intéressantes. C'était une déclaration d'amour aux timides.

On n'est pas à une bêtise pres est la B.O. du Petit Nicolas. Comment ça s'est passé?

C'est l'équipe du film qui me l'a commandée. Moi je n'aime pas travailler pour des commandes, de manière un peu abstraite. C'est pour ça que j'ai préféré me plonger dans mes souvenirs d'enfance pour écrire cette chanson. J'ai pris l'angle des bêtises parce que je sais que c'est l'angle qui était pris par Goscinny pour Le petit Nicolas. J'étais touché qu'on fasse appel à moi. L'enfance est un thème qui m'inspire bien. Je reste un peu nostalgique de cette période. Je l'ai vu comme quelque chose qui m'irait bien.

Vous vous êtes marié à Lolita, la fille de Renaud. On en a beaucoup parlé dans la presse. Comment vivez-vous cela? Quel est votre rapport avec cette célébrité?
Je me sens pas très à l'aise quand ça concerne ma vie privée. Je n'ai pas besoin de sentir cette intrusion, donc je n'en parle pas. Mais ça reste assez léger, simple et amical, le reste du temps. Je n'ai pas besoin de gardes du corps.

Avec ce Clan des Miros, vous avez envie de quoi?
Je mentirais si je disais que je me fichais du retour des gens ou des critiques. Je suis fier de ce disque, j'ai envie de le défendre. Je serais déçu si j'avais des réactions un peu timorées. Je me sens bien, je suis heureux de cet album. J'avais des envies assez précises de textures de sons, de couleurs... Je voulais un son chaleureux, on a joué beaucoup de chansons en live. Au final, ça ressemble au rêve que j'avais au début. C'est le plus important.

Déborah Laurent

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