Gérald De Palmas pousse un cri qui fait du bien

Quand Gérald De Palmas a pris le large une fois qu'Un homme sans racines, sorti en 2004, avait fait sa vie, on ne se doutait pas un instant qu'il s'absenterait si longtemps. Et pourtant, il lui a fallu cinq ans pour nous pondre Sortir, son nouveau disque, dont la sortie officielle est prévue pour le 16 novembre.

Pétri de doutes, il a fait un break salutaire et a retrouvé la passion et l'envie à New York. Les bonnes vibrations de la ville qui ne dort jamais lui ont donné l'impulsion dont il avait besoin pour créer à nouveau. "Je m'étais reposé sur mes lauriers pour Un homme sans racines. Il fallait que j'évite d'utiliser mes recettes habituelles", confiait-il il y a quelques mois au journal Le Parisien.

Reste que s'il sait qu'"il ne faut pas qu'il se loupe", on est en droit de s'interroger : est-ce que l'attente en valait la peine ? La réponse est oui. De Palmas a retrouvé sa plume aiguisée et un son chaloupé mais plus étudié qu'auparavant. Sortir est un très joli disque, à écouter les soirs de remise en question. De Palmas y concentre ses inquiétudes et écrit sur l'amour déçu, douloureux, blessant comme personne.

Mon cœur ne bat plus tend ainsi vers le poignant J'en rêve encore, qui lui avait permis en 2001, de connaître le succès. "Mon amour, ne te vexe pas. Si tu m'appelles, je ne répondrai pas. On ne me laisse pas le choix : mon cœur ne bat plus pour toi." Il chantonne doucement mais ses mots sont autant d'uppercuts. D'ailleurs, plus loin (Fais de ton mieux), il l'admet : "Certains coups sont imparables." "Comme un boxeur à genoux, tu fais de ton mieux. A chaque fois, on t'assomme. Mais tu fais de ton mieux, à chaque femme, à chaque homme. Et sur le ring, tu t'incrustes, tu voudrais encore essayer, même si on t'abime un peu plus, c'est à ce jeu qu'il faut jouer."

Au bord de l'eau, qui nous a accompagnés sur les ondes cet été, est lui d'une nostalgie incroyable, tandis que L'ange perdu est bouleversant de la première à la dernière note. En quelques accords et avec sa voix et sa diction reconnaissables entre tous, De Palmas nous secoue l'intérieur.

Signalons la petite pépite en anglais : Pandora's box, en duo avec Eagle Eye Cherry, à quelques encablures de la fin de ce disque... qui se clôt avec le titre éponyme, Sortir. Gérald De Palmas y chante sa déprime et son ras-le-bol de son image, un peu lisse. "Bien enfermé dans ma cage, prisonnier d'un esprit trop sage, je voudrais sortir pour voir qui je suis, sortir et pousser un cri". Cet album est celui-là. On sent qu'il lui a fait du bien.

Dé.L.

12/11/09 12h00
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