Gérald De Palmas et sa belle crise de la quarantaine
Après un peu plus de quatre ans d'absence, Gérald De Palmas fait son grand retour. Il présente son nouvel album,
Sortir, sur la scène de Forest National ce soir. Un agréable moment de musique en perspective et l'occasion pour nous de prendre des nouvelles de cet artiste discret et talentueux.
Que s'est-il passé durant votre absence?J'ai écrit pendant les trois premières années, Comme je fais un peu tout tout seul, je suis assez lent. Ensuite, je suis entré en studio et là aussi j'étais seul. J'avais envie de chercher, de passer du temps à évoluer musicalement sans perdre le côté hyper acoustique. Comme j'ai fait ça pendant un moment, je ne pouvais pas garder des musiciens, un ingénieur du son, avec moi, enfermés. Donc j'ai fait ça par moi-même.
Il y avait de l'angoisse?Il y en a toujours un peu. Il y avait en tout cas le doute d'aller jusqu'au bout. Quand on est tout seul, il n'y a personne pour rebondir sur ce qu'on fait, c'est particulier. Mais je n'avais pas vraiment le choix. Si je voulais faire ce que j'avais en tête, j'avais besoin de ça et de temps.
Vous avez enregistré ce disque en partie à New York...Une part infime, le mixage en fait. J'avais juste envie de partir, d'aller faire un tour. J'aurais très pu mixer là où j'étais.
Au bord de l'eau parle justement de cette envie de partir au bout de la terre...A New York, c'était plus simple que ça: c'était juste l'envie de voir autre chose que mes quatre murs. Je suis resté complètement enfermé pendant deux ans. J'avais besoin d'un bol oxygène. Mais je pense qu'une ville à l'énergie aussi puissante que New York a dû
m'influencer, ne serait-ce qu'inconsciemment. Mais c'était une énergie cool.
Ce disque s'appelle Sortir. Sortir de quoi?D'un mode de fonctionnement dans lequel je suis depuis 49 ans. C'est ce qu'on appelle la crise de la quarantaine. C'est un lieu commun mais je suis passé par là. J'ai eu envie de quitter ce rail dans lequel j'étais et qui ne me convenait pas après analyse. C'est surtout humainement. C'est une envie de vivre au jour le jour différemment. C'est une remise en question des valeurs qu'on a.
Dans cette crise de la quarantaine, il y a aussi la peur de vieillir?Peur de mal vieillir plutôt dans le sens abandonner un tas de choses
en se disant: je suis trop vieux pour faire ça. Je veux continuer à profiter des choses.
Vos chansons d'amour sont rarement super heureuse pourtant vous l'êtes plutôt pas mal. Comment vous expliquez cela?Je trouve plus d'intérêt à parler de situations de conflit, à problèmes.
Pour l'écriture, c'est plus facile, ça permet d'essayer de trouver des solutions, d'aller plus loin. Je pense que je n'aurais pas grand-chose à dire sur le bonheur. Ca tournerait court.
C'est un disque très nostalgique...(Il sourit) Ils le sont tous, oui.
Déborah Laurent