Le jeune prodige de 23 ans jouit déjà d'un succès considérable et sa récente annonce, à contre-courant selon les uns, en accord avec son époque pour les autres, risque d'étendre davantage sa réputation.
"It's my bday aka the day of giving aka GO DOWNLOAD MY SHiT FOR FREE ON TORENTS NOW!!!!!" Ce message de Skrillex publié aujourd'hui sur Twitter s'adresse à ses fans et les invite à télécharger sur-le-champ et gratuitement ses dernières "merdes" (sic) sur internet à l'occasion de son anniversaire. A l'heure où certains artistes se liguent contre le piratage et le jugent responsable de tous leurs maux, en cette époque témoin de politiques répressives à l'égard du téléchargement illégal, à l'heure où les disquaires se bousculent pour mettre la clef sous le paillasson, Skrillex agit à contre-courant... mais pas tant, finalement.
Changement d'époque
Comme l'explique Numerama, la jeune coqueluche de la scène électro américaine a peut-être seulement décidé d'adopter les codes de son époque et de se servir de la publicité générée par cette diffusion à grande échelle pour promouvoir ses performances live. Le premier album de Skrillex est d'ores et déjà disponible gratuitement sur internet et, même si le "pilleur" autorisé est invité à encourager financièrement l'artiste, même si sa page officielle renvoie à l'iTunes Store, ces sources de revenu, essentielles pour la plupart, semblent être davantage considérées chez lui comme une aide, un "bonus" au service de sa publicité.
Le phénomène électronique ne semble pas en souffrir financièrement, fier d'un agenda rempli pour les mois à venir.
Précédents et tendances actuelles
La démarche, aussi rare soit-elle, n'est toutefois pas révolutionnaire. Eternels précurseurs, Radiohead avait déjà proposé en 2007 son septième album "In Rainbows" en téléchargement gratuit légal (dons facultatifs). 1,2 million d'utilisateurs s'étaient alors rué sur l'aubaine à raison d'1,5 euro de moyenne. L'offre n'avait pourtant empêché le groupe britannique de caracoler en tête des ventes dans plusieurs pays dès l'année suivante et la sortie de l'abum "physique".
Epoque charnière
Que l'industrie de la musique évolue dans ce sens ou qu'elle s'accroche désespérément à ses acquis, il paraît de plus en plus évident au regard des chiffres que ce genre d'initiatives va se multiplier dans un avenir proche. Ne serait-il pas dès lors préférable d'anticiper pour se préparer au mieux à cette grande transition? (afo)


