Lenny Kravitz se la joue 60's
Il avait disparu des ondes depuis un petit bout de temps, d'autant que son dernier album,
Baptism, n'avait pas fait grand bruit et était même passé assez vite à la trappe, mais le revoilà... le ténébreux Lenny Kravitz fait son grand comeback avec
It's time for a Love Revolution.
Plus rock, plus énergique et totalement old school, ce nouvel album fait la part belle aux sonorités épurées mais efficaces : une batterie incontournable, des solos de guitare intenses (les spectres de Jimi Hendrix, de Led Zep et même des Rolling Stones ne sont pas loin) et une ligne générale made in 60-70's qui tient la route. Pour parvenir à ce résultat, Kravitz a géré tout quasiment seul : instruments, compo, production, etc. Kravitz, le Rémy Bricka du rock.
"Le dernier album avait un son très naturel et clair. Pour celui-ci, je voulais utiliser les bruits de la pièce, je voulais qu'on entende la réverbération sur les murs, j'ai donc utilisé beaucoup de micros". Le résultat rappelle d'ailleurs les sonorités et l'énergie de
Let love rule, son premier opus, sentiment qu'il confirme et qu'il revendique: "J'adore ce disque et son ambiance. Je me sentais comme un gosse qui jouait dans sa chambre, avec un immense sentiment de liberté, c'est très important de jouer dans cet état d'esprit".
"Avec le dernier album, j'avais le sentiment d'avoir fait le tour, d'avoir réalisé tout ce dont j'avais rêvé, d'être arrivé à la fin de quelque chose. Quand j'ai commencé à écrire ce nouvel opus, je me suis senti libre, avec une énergie et une excitation incroyables. Je n'avais plus ressenti une telle liberté depuis le début de ma carrière".
Une révolution personnelle qui s'est transformée en révolution d'amour, mot d'ordre de l'album. Il affirme d'ailleurs: "Il est temps de devenir plus radical et de combattre l'enfer de ce monde avec l'amour". Lenny Kravitz fait un remake du
Peace and Love des 60's en version contemporaine (notamment sur l'énergique
Bring it on ou le boogie
Will you marry me). Il dénonce la politique américaine, notamment en Irak, dans
Back in Vietnam ou encore dans
I want to go home aux refrains accrocheurs.
Un grand cri du coeur contre une société où l'inutile a pris la place de l'amour (
Love Love Love). Pour lui, chacun a la possibilité de changer le monde, en prenant le temps de changer et de se laisser envahir... par sa
Love Revolution (titre saccadé rappelant
Are You Gonna Go My Way).
Bien entendu pour parler de sentiments, il faut aussi des chansons d'amour. Un exercice que Lenny Kravitz maîtrise à la perfection depuis de longues années. Son premier extrait de l'album,
I'll be waiting, en est d'ailleurs l'exemple parfait. Une jolie ballade avec piano et violons (pour faire fondre les demoiselles) et facile à retenir. Bref, une chanson sur laquelle tous les amoureux danseront un jour où l'autre.
Dans la même lignée, on pourra citer
Good Morning (avec une batterie omniprésente),
If you want it,
I love the rain (Prince n'est pas très loin) ou encore
A new door, digne successeur de
I'll be waiting et assuré de succès auprès des romantiques. Le chanteur en profite également pour faire, sur
A long and sad goodbye, un adieu touchant à son père décédé en 2005 avec lequel il n'avait plus de contact depuis ses 16 ans.
Au final, un opus hésitant entre le rock agité (limite excessif: le style 60's est parfois too much) et le romantisme mielleux mais qui correspond en fait assez bien au personnage. Les fans seront heureux, les autres se limiteront aux singles. Malgré tout, après 18 ans de bons et loyaux services, Lenny Kravitz ne semble pas encore prêt à raccrocher ses guitares et sa batterie.
Les retardataires apprendront que Lenny Kravitz a donné un concert le lundi 10 mars à l'Ancienne Belgique. Les fans ayant loupé le coche se rassureront en apprenant qu'il planifie des prestations surprises dans les boîtes de nuit afin d'être plus proche de son public et de mieux s'amuser. Restez donc vigilants, petite salle = peu de places disponibles.
Caroline Albert