Soko, interprète du fameux "I'll Kill Her", était en concert ce jeudi à l'Orangerie, dans le cadre des Nuits du Botanique.
Avant de se révéler musicalement, Stéphanie Sokolinski était déjà apparue sur les écrans.
Sa discographie se limitant à un simple EP, elle fait partie de ces artistes qui ont émergé grâce à MySpace.
Les morceaux espiègles de Soko, chantés dans un anglais très accessible, errent entre pop, folk et rock.
Reste à voir comment la jeune Française franchira l'étape de l'album.
"Je pensais que c'était une love story, mais tu ne veux pas t'engager. Je pensais que c'était une love story, mais tu n'es pas prêt pour ça... Moi non plus. Je la tuerai. Elle m'a piqué mon destin, elle a brisé mon rêve. Je la tuerai, je la tuerai. Elle m'a piqué mon destin, quand elle t'a emmené". Les jeunes amateurs de musique branchés sur Pure FM et même sur Studio Brussel n'ont pas pu passer à côté de ce refrain fleur bleue mais revanchard, chanté (en anglais) par la jeune Française Stéphanie Sokolinski, dite Soko. Certains l'ont gardé en tête, d'autres ont été définitivement horripilés dès la deuxième écoute. Les uns comme les autres auraient tort de se braquer sur le succès d'I'll Kill Her, qui cache un répertoire digne d'intérêt. Des sceptiques se sont laissés surprendre par le concert de Soko ce jeudi soir, aux Nuits du Botanique.
Comédienne
Stéphanie est une touche-à-tout. Avant de se révéler musicalement, miss Soko avait déjà montré son minois en télé et au cinéma, apparaissant notamment dans les méprisés Mes Copines, Madame Irma et Ma vie n'est pas une comédie romantique. On la reverra à la fin de cette année dans Je suis parti de rien, de Xavier Giannoli, avec François Cluzet et Emmanuelle Devos. De ses petits doigts de musicienne, elle gratte guitare et ukulélé, triture le clavier et cogne les fûts. A ces talents, il faut encore rajouter une écriture prolifique, même si, paradoxalement, Soko n'a pas encore d'album. Sa discographie se limitant à un EP 5 titres -Not Sokute-, elle fait partie de ces artistes qui ont émergé grâce au site MySpace, où elle est relativement active.
Solo ou duo
Ce jeudi soir, Soko est montée sur la scène bruxelloise de l'Orangerie vers 22 heures, succédant à l'exotisme planant d'Ideal Husbands, groupe qui pratique une sorte de musique d'ascenseur de Club Med hawaiien abandonné (description nullement péjorative). Stéphanie a enchaîné les titres et les instruments, jouant tantôt seule, tantôt accompagnée de son guitariste Jim, et, le temps d'une chanson, de trois zigotos du public réinvités sur scène après une première incursion impromptue.
Bout de ficelle
Si elle a tout d'une rigolote, Soko n'est pas forcément à l'aise en permanence sur les planches, ce qui se ressent dans un set occasionnellement bancal. Mais cette fragilité est plus charmante que grinçante, d'autant qu'elle se marie agréablement à l'aspect bout de ficelle des chansons, parfois à la limite du foireux. Marqués d'un esprit espiègle, les morceaux de Soko errent entre pop, folk, punk et accessoirement comptine. Le chant hésite entre murmure, cri et mélopée, quelques gloussements nerveux en plus. Dans les textes, tous dans un anglais très accessible, sincérité et fantaisie se mélangent, le premier degré côtoie le troisième, quelques trouvailles s'invitent au milieu d'une naïveté et d'une sensibilité très féminines. Le spectacle en lui-même est loin d'être statique, vu les multiples changements d'instruments et une interactivité bon enfant.
Repris en choeur
Dans son long set d'une heure et demie, Soko a jonglé avec émotion et humour, livrant notamment ses I'm Scared I'm Gonna Die Alone, I Think I'm Pregnant, I Wanna Look Like A Tiger et Baby Cat ainsi que le Do You Realize? des Flaming Lips, repris seule au ukulélé. Son fameux I'll Kill Her aura connu le même sort, les choeurs du public en plus. Le concert devait s'achever avec le joli I Will Never Love You More, avant une dernière petite cover offerte en rappel aux plus persévérants.
Si Soko continuera à énerver les puristes par la forme simpliste de quelques chansons et son côté "je suis gauche, un peu timide et j'en joue", on ne peut lui enlever son visible plaisir de faire sa musique -aussi bricolée soit-elle- et sa réelle aptitude à se montrer -épisodiquement- touchante. Sa performance amusante et ses dérapages ludiques laissent en tout cas croire qu'elle devait être une sacrée camarade de bac à sable dans son enfance. L'ambiance légère et la générosité de l'ensemble favorisent l'indulgence et éveillent une curiosité impatiente quant à son avenir. Il conviendra de suivre comment Soko franchira l'étape de l'album.
Sébastien Cools
Visionnez ci-dessous des versions live des morceaux I'll Kill Her et I Will Never Love You More.


