Julien Doré, la Nouvelle Star 2007, lève enfin le voile sur son monde à lui. Baptisé "Ersatz", son premier album personnel baigne dans un univers pop-rock francophone dérangé.
Au-delà de la pochette très "sciences naturelles", l'auditeur passera de la ballade folk à l'air de supermarché, de la calypso délurée au rétro halluciné. Beaucoup de virages corsés sont donc à encaisser.
L'opus a été enregistré sous la houlette de Renaud Letang et Antoine Gaillet. Outre Arno, le chanteur Christophe y fait aussi deux apparitions.
Avec ce disque maniéré et décousu, Julien Doré lance un pari osé. Reste à voir s'il suscitera soupirs ou applaudissements.
Il n'est pas de hasard dans ce monde de coups montés, Julien Doré, le lauréat du cru 2007 de la "Nouvelle Star", a publié ce lundi son premier album personnel, alors qu'Amandine vient juste de lui succéder mercredi dernier au palmarès de l'émission. Baptisé Ersatz en lieu et place du synonyme (à la phonétique ambigüe) "succédané", son disque de 14 titres baigne dans un univers pop-rock francophone dérangé qui intriguera autant les jeunes branchouillards curieux que les vieilles ménagères hypnotisées.
Après s'être fait entendre en radio il y a quelques mois avec sa reprise remâchée du morceau Lolita -qui avait permis autrefois de découvrir et subir la petite Alizée-, le chanteur français Julien Doré lève enfin le voile pour de vrai sur son monde à lui. Le phénomène méritait le bénéfice du doute. Malheureusement, comme son single l'annonçait, le jeune dandy a dépassé Les Limites... et il va payer pour ça.
Les médias l'ont réduit à son look strange, sa pince à cheveux et son ukulélé, une image de doux dingue, de poète loufoque, qui ne sera pas démentie avec ce premier opus. Si les téléspectateurs peuvent remercier le soldat Doré d'avoir prolongé le sabotage de l'émission de M6 amorcé en son temps par un certain Steeve Estatof, il leur sera plus difficile de ne pas le voir désormais comme un héros boiteux abusant de son originalité.
Les grands mélomanes, horripilés d'avance, trouveront ici tout ce qui les agaçait déjà dans le personnage. Au-delà de la belle pochette très "sciences naturelles", l'auditeur passera de la ballade folk bien calibrée (Acacia) à l'air de supermarché à valeur ajoutée (Figures imposées), de la calypso délurée (Dans tes rêves) au rétro halluciné (Soirées parisiennes). Beaucoup de virages corsés sont donc à encaisser. Les textes, écrits presque entièrement en français, s'envolent jusqu'au troisième degré. La plage de clôture, avec le chanteur belge Arno, n'apporte évidemment pas une conclusion plus sobre.
Impliqué dans l'écriture, la composition et les arrangements de son Ersatz, Julien Doré y a dompté guitare, basse, harmonica, piano, rhodes, glockenspiel et percussions. L'album a été enregistré sous la houlette de Renaud Letang (Alain Souchon, Manu Chao, Katerine) et Antoine Gaillet (Arman Méliès, Wampas). Outre Arno, le chanteur old school Christophe fait deux apparitions, sur Bouche pute et Pudding Morphina, où il impose choeurs et claviers.
Avec ce disque maniéré et décousu, Julien Doré lance un pari osé et un pavé dans la mare de la pop française. En fait, il y saute comme pour faire une bombe. Reste à voir si les éclaboussures susciteront soupirs ou applaudissements chez son public hypothétique, qui, s'il existe, n'est en tout cas pas préparé à ce qui l'attend.
Sébastien Cools
Les plus téméraires noteront que contrairement à ce qui avait été précédemment annoncé, Dig Up Elvis, projet parallèle avec lequel s'amuse aussi mister Doré, ne sera finalement pas présent cet été au Dour Festival. Les organisateurs de l'événement hennuyer ont indiqué cette semaine que l'emploi du temps de plusieurs membres du groupe ne leur permettrait pas de se donner en spectacle sur le site de la Machine à Feu.


