Une couverture, un chocolat chaud, la pluie qui tombe et la musique de Suarez

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Par: rédaction
30/09/08 - 17h49

"On attend que le monde change, on attend que la vie nous range..." C'est avec cette douce ritournelle que Suarez est venu nous cueillir, il y a déjà quelques mois. Le single a effectivement été lancé en février dernier sur les ondes. Les aléas du monde du la musique nous ont forcés à attendre la suite et enfin, la voilà.

Suarez réchauffe le coeur
La période est idéale pour s'intéresser à Suarez si ce n'est pas encore fait. Le premier disque de ce groupe montois, baptisé On attend, est de ceux qui nous réchauffent le coeur et le corps lorsque le ciel est gris et que la pluie s'abat sur les pavés, dehors. La douceur dans la voix de Marc Pinilla, le chanteur, nous donne l'envie de nous enrouler dans une grosse couverture de laine, une tasse de chocolat chaud fumante entre les mains, les rythmes folk, répétitifs, simples, épurés, ensoleillés finissent de parfaire le tableau. On a beau chercher dans notre discothèque, on ne voit pas mieux pour le moment pour apaiser les esprits survoltés par une journée de travail harassante.

Un Belge et trois Malgaches
Remercions le hasard qui a amené Marc a croisé la route de ses trois compères, originaires de Madagascar. "J'ai rencontré Dada Ravalison, du groupe malgache N'java, dans un studio d'enregistrement à Mons, il y a six, sept ans." Marc a ensuite rencontré les deux autres membres du groupe. "Ils m'ont un jour proposé de jouer avec eux et de faire de la chanson française. J'ai accepté et ça a pris tout de suite, ça a directement fonctionné." Le chanteur a très vite laissé tomber la langue anglaise qu'il affectionnait particulièrement à l'époque, "parce que mes amis ne comprenaient pas ce que je racontais!" "Ecrire en français, c'était un exercice que je n'avais jamais fait et ça ne m'attirait pas plus que ça. Je trouvais l'anglais plus chantant à cette période de ma vie. Finalement, en fait, j'ai changé d'avis..."

De l'amusement et de la simplicité
L'impulsion de départ de la construction de ce premier disque a été "l'amusement. Tout est parti de la chanson Aïe Aïe Aïe. Quand on m'a demandé de chanter quelque chose en français, j'ai pris le premier mot qui m'est venu. Et c'était ça! Ca tient à très peu de choses, finalement...", sourit Marc. "Je parle dans cette chanson de mes expériences de mauvais dragueur. On est parti dans un délire de brainstorming pour le texte et ça a fonctionné aussi pour les autres chansons."

Suarez voit la vie en rose
Les titres tournent du coup principalement autour de l'expérience personnelle des quatre garçons. Sauf deux. Des reprises, et notamment celle de La vie en rose de Piaf. "On voulait faire une reprise et on voulait reprendre une femme pour éviter toute comparaison avec l'interprète originale. On a cherché et on est tombé sur Piaf. Au début, on se disait qu'on ne pouvait pas reprendre ça: c'est incopiable, intemporel... Finalement, on a posé le texte et on a tenté de retraduire notre sensation, de poser notre émotion. On a redécouvert cette chanson magnifique. Ca a été relativement simple d'en faire une chanson qui nous correspond. Je me suis retrouvé dans le texte, c'est une belle déclaration d'amour. Brassens est venu après Piaf. Le texte correspondait bien à l'univers déjà installé de l'album." Comprenez, "une musique accessible et compréhensible pour beaucoup de gens." "Ca ne sert à rien de compliquer les choses", explique Marc." Je veux dire, on peut le faire: je joue aussi en parallèle avec des musiciens qui sont d'excellents jazzmen, mais ce n'est pas la philosophie de Suarez. On a envie de s'exprimer de la manière la plus simple, la plus épurée, la plus sincère possible en fait."

"Il pleut dehors, on n'a rien d'autre à faire"
La démarche sera la même pour le deuxième album, sur lequel Suarez travaille déjà. "Il pleut dehors, on n'a rien d'autre à faire", rigole Marc. "L'hiver sera studieux. De toute façon, c'est quand il fait froid qu'on travaille le mieux. On voudrait aussi des chansons pour le live. Et puis dans la société actuelle de consommation, les gens passent vite à autre chose, à un autre album, donc je pense qu'on doit suivre le mouvement. Autant être là pour la suite..." Un raisonnement simple mais évident, très Suarez, finalement.

Dé.L.

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