Jacques Brel est loin d'avoir uniquement inspiré des artistes francophones... Son influence a été et est toujours internationale.
Au rang des reprises les plus spectaculaires et les plus réussies, citons "Amsterdam" par David Bowie...
..."Ne me quitte pas" par Yuri Buenaventura (photo Bordeauxsalsa.com)...
... et l'une des plus appréciées des plus jeunes fans de Brel, "Ces gens-là" par Noir Désir.
Jacques Brel est certainement l'artiste belge dont les chansons ont le plus souvent été reprises. Et pas seulement par des chanteurs et chanteuses francophones ou flamands, mais par une foultitude d'artistes internationaux s'exprimant entre autres en anglais, en allemand, et même en corse. Petit tour d'horizon non exhaustif des reprises les plus réussies.
Ne me quitte pas
Il s'agit de la chanson la plus reprise du répertoire du grand Jacques. La plus originale et la plus ensoleillée est sans conteste celle de Yuri Buenaventura, qui parvient à transcender l'émotion originale en une salsa épicée et entraînante donnant une touche d'espoir et de sourire à une chanson à la base plutôt triste et désespérée. (voir première vidéo)
Au rang des reprises plus fidèles à l'originale, notons Ray Charles et Dusty Springfield, qui restent plus proches de l'émotion de Jacques Brel, chacun à sa manière, bien que chantant en anglais, If you go away. Notons également la reprise de Marlène Dietrich, Bitte geh nich fort, qui permettra aux germanophones d'en profiter également. À déconseiller aux oreilles les moins habituées aux sonorités germaniques qui risqueraient de mettre du temps à s'en remettre. (voir 2e vidéo)
Amsterdam
Certains d'entre vous ignorent peut-être que le Grand Jacques a inspiré David Bowie, oui!, qui s'est fendu d'une reprise d'Amsterdam proche de l'hommage, tant Bowie tente de faire partager au public anglo-saxon la chaleur, la sueur et la passion présentes dans le morceau original. La traduction est on ne peut plus proche de l'originale, et dans ce cas-ci, la fidélité paye. (voir 3e vidéo) Pour le clin d'oeil, signalons aussi la performance d'I Muvrini, reprenant à leur manière Amsterdam, mêlant français et corse avec plus ou moins de bonheur.
Place aux jeunes
Au-delà de ces reprises "classiques", il est surtout intéressant de relever les nombreux "jeunes" artistes qui se sont fendus d'un hommage à Brel, confirmant l'universalité et l'intemporalité d'un artiste qui, à la lumière de ces reprises plus récentes, fait découvrir l'aspect presque punk, en tout cas carrément rock'n roll du personnage Jacques Brel, dont les textes séduisent sans devoir être adaptés, et dont la musique semble passer sans souffrir l'épreuve du lifting rock que lui font subir ces jeunes rockeurs, qui revendiquent souvent l'influence de Brel et de ses textes.
Seasons in the sun (Le Moribond)
Pour l'anecdote, on soulignera la reprise par Nirvana d'une chanson adaptée dans les années '60 par le Kingston Trio (1963) avant d'être réellement popularisée en 1974 par Terry Jacks: Seasons in the sun. (voir 4e vidéo) Reprise pop du Moribond, Seasons in the sun est interprétée par le groupe mythique de Seattle tel un clin d'oeil, probablement plus à la pop culture US qu'au répertoire de Brel. Les fans se contenteront de se souvenir que Nirvana a "repris" Brel. (voir 5e vidéo)
Le rock français semble quant à lui tout particulièrement taillé pour cet exercice, comme le prouvent les gars de Puggy, qui régalent régulièrement leurs fans d'une splendide reprise de Vesoul, jouée et chantée par Matthew comme si sa vie en dépendait. Au suivant de M est également à ranger au rayon "reprises réussies", tant l'on sent le fils Chedid aimer le répertoire du Schaerbeekois.
Ces gens-là
Et puis, comment ne pas s'attarder sur Bertrand Cantat et ses acolytes. Noir Désir, avec sa reprise de Ces gens-là, permet de comprendre la modernité de Brel, encore aujourd'hui. (voir 6e vidéo) Au fur et à mesure de la chanson, la musique se fait de plus en plus hypnotique pour finir en une explosion sonore dans laquelle les guitares électriques distordues incarnent à la perfection l'amour fou et impossible voué à Frida tout en rappelant la colère contre la famille de Ces gens-là, dont la petitesse à tous niveaux cause tant de soucis au personnage. Mais il est tard, Monsieur, il faut que je rentre...chez moi.
Thomas Halter


