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Le PDG de Skyrock condamné pour corruption de mineure

Le PDG de Skyrock, Pierre Bellanger, a été reconnu coupable lundi d'avoir corrompu une mineure, avec laquelle il avait eu une relation en 1999-2000, et condamné à 4 ans d'emprisonnement dont 3 ans avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.

Ses avocats ont immédiatement annoncé leur intention de faire appel, jugeant la condamnation "ahurissante". Une peine d'un an avec sursis avait été requise le 6 octobre lors du procès devant la 15e chambre correctionnelle. Pierre Bellanger, absent à l'énoncé du jugement, a également été condamné à 15.000 euros d'amende et à verser un euro de dommages et intérêts à Laetitia, sa victime, âgée de 17 ans à l'époque des faits.

L'accusation reprochait à l'homme de radio d'avoir "favorisé la corruption" de cette adolescente "en l'initiant à diverses formes de sexualité, notamment de groupe, homosexuelle ou sado-masochiste, y compris avec la participation de sa soeur aînée". A l'audience, le procureur avait estimé que M. Bellanger avait bien "dévoyé" la jeune fille, qui "en huit mois a appris ce que d'autres mettent 30 ans à découvrir". Il avait stigmatisé "une recherche de la minorité, et encore plus de la virginité", se contentant toutefois de réclamer un an avec sursis.

Le PDG de Skyrock a toujours nié les faits reprochés, affirmant que Laetitia était consentante. Il a contesté avoir joué pour un groupe de femmes le rôle de "gourou" que lui prêtait l'accusation. Pierre Bellanger et sa victime s'étaient rencontrés fin 1999, par l'intermédiaire de la soeur de Laetitia, Emmanuelle, 19 ans, qui vivait avec le fondateur de Skyrock et deux autres femmes dans un appartement parisien.

Le 6 octobre, Laetitia, aujourd'hui âgée de 26 ans, avait expliqué avoir accepté de lui offrir sa virginité car elle était "subjuguée", "fascinée" par lui. Elle était alors devenue membre d'un groupe au mode de vie très particulier, avec veillées spirituelles, jeûnes, relations sexuelles parfois multiples, obligation d'écrire un journal intime très codifié contrôlé régulièrement par le "maître", en l'occurrence Pierre Bellanger.

Laetitia avait porté plainte trois ans après les faits en estimant avoir été "manipulée" et "humiliée". "C'est ahurissant, c'est du jamais vu", ont réagi lundi après le jugement les avocats de M. Bellanger, Mes William Bourdon et Frédérique Baulieu, estimant que le délit n'était pas constitué. "Il y avait consentement dans cette relation et on considère que la majorité sexuelle est à 15 ans. Le comportement n'est pas répréhensible au regard de l'âge de la plaignante", ont assuré les deux avocats. (afp)
03/11/08 22h24
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