Mozart, c'est lui
Quand on a entendu parler de
Mozart, le nouveau projet de Dove Attia, on a haussé les épaules: encore un spectacle musical parmi d'autres. On a beau avoir adoré
Le Roi Soleil et être curieux de découvrir
Cléopâtre, la nouvelle comédie de Kamel Ouali, on admet être un petit peu saoulé du ramdam médiatique qui tourne autour de ce genre de show. Puis, on s'est interessé de plus près à ce fameux Mozart et deux éléments ont titillé notre attention.
D'abord,
Mozart, ce n'est pas une comédie musicale, mais un opéra rock. En bref, sur scène, il y a une quinzaine de musiciens en live et on prévoit une alternance de chansons pop-rock avec les grands classiques de Mozart. Audacieux donc.
Mais que pouvait-on attendre d'autre de la part d'Olivier Dahan, réalisateur de
La môme, qui a souvent proposé ses services à Raphaël, Johnny Hallyday, Renaud, Pagny ou encore Stéphane Eicher pour de bien jolis clips. C'est Dahan effectivement qui se charge de la mise en scène du spectacle.
Finalement, ce
Mozart pourrait bien sortir du lot et faire la différence, voir même créer un nouveau genre. L'aventure n'en est, pour le grand public, qu'à ses prémices. L'album de la troupe, dans laquelle se trouve notamment Mélissa Mars, sortira chez nous le 24 avril. Deux singles sont déjà en rotation sur les ondes:
Tatoue moi et
Vivre à en crever. Rencontre avec Mikelangelo Loconte, qui, comme son nom peut l'indiquer, a un sacré accent italien.
Vous avez un bel accent ensoleillé. Il paraît qu'au début, quand vous avez commencé à chanter en français, vous n'en parliez pas un mot...Pour le premier job que j'ai décroché du côté francophone, je ne parlais pas un mot de français. Je chantais en phonétique, avec une sorte de code bizarre que j'étais le seul à comprendre.
Pourquoi avez-vous été choisi pour incarner Mozart?On ne nous demande pas de nous mettre dans la peau de Mozart. On a tous les caractéristiques de notre rôle. Un jour, j'ai reçu un coup de téléphone du producteur de Zazie et de Bashung. On s'était croisé à une soirée où on avait bu des coups. Il ne m'avait pas entendu chanter que déjà il me proposait le rôle. Il trouvait que j'étais Mozart. Et il ne savait même pas alors que Mozart m'avait toujours intéressé. J'ai dit non. On me l'a proposé une deuxième fois et j'ai finalement accepté de passer le casting. Moi, en tout cas, j'y allais pour le rôle principal. Ils ne savaient pas encore quel rôle ils voulaient me donner. Quand j'ai commencé à chanter, ils ont su qu'il fallait que je sois Mozart.
Que faut-il pour entrer dans la peau de Mozart?Il faut de l'expérience, du talent, de la folie. J'ai tout ça, j'ai connu le trou noir, j'étais un animal de scène. Je n'avais rien abouti dans ma vie à part la musique. J'étais un sauvage. Et puis il y a des signes, je suis né le 5 décembre et c'est le jour de la mort de Mozart. J'ai 35 ans et c'est à cet âge-là qu'il est mort.
Vous aimez Mozart depuis toujours. Pourquoi?Mozart, je l'aime parce qu'il était subversif comme moi. Pas révolutionnaire, subversif, c'est différent. Mozart il était profond, les jeunes d'aujourd'hui vont lui donner sa véritable identité.
Où en êtes-vous dans la préparation du spectacle?On est en plein dans les répétitions et l'album s'apprête à sortir. On travaille beaucoup parce qu'on veut vraiment qu'il soit différent de tout ce qu'on peut entendre aujourd'hui. C'est plus rock, c'est décalé mais à tous les niveaux, autant musical que dans les textes, il y a de la folie, de l'humour...
Ce spectacle est un opéra rock, pas une comédie musicale. Mais quelle est la différence?Oui. C'est un véritable opéra avec des jeux de scène. Olivier Dahan a des exigences particulières, il n'y a pas de demi-mesure avec lui. C'est rock, obligatoirement. Ils ne savent pas si le succès sera au rendez-vous, mais c'est un défi à relever, ça sera audacieux, mais ce n'est pas sûr que le public va suivre...
Vous n'avez pas peur justement que ça ne marche pas?Non. Quand on participe à un tel projet, que ça marche ou pas, ce n'est pas grave. Ca fait partie de la vie d'un rockeur. Tous les rockeurs sont préparés à ça. Moi, tout ce que j'espère, c'est que j'arriverai à donner de la profondeur à ce personnage. A rendre Mozart tel qu'il est. Il y aura des musiciens en live, de la danse...
Vous-même vous dansez?Non, moi, j'ai des mouvements précis à effectuer pour faire passer des messages précis mais ce n'est pas de la danse.
Comment est-ce de travailler avec Olivier Dahan?On a passé une soirée avec lui pour la présentation du livret. Ce que j'aime chez lui, c'est qu'il parle peu mais quand il ouvre la bouche, c'est pour dire des phrases intéressantes, pour donner des indications précieuses. Je pense que son vrai caractère ressortira plus tard et c'est là que ça va être dur: il sait exactement où il veut aller, il a les idées très claires.
Qu'espérez-vous avec ce spectacle?J'espère être un grand Mikelangelo et pas un petit Mozart. Je vais donner mon maximum à ce projet. Toute ma carrière passe par là. Même si je ne fais plus rien après, je pourrai me dire que je l'aurai fait la tête haute.
Vous n'avez pas peur de l'étiquette qui vous collera à la peau après?Non. Vous savez, se faire appeler Mozart dans la rue, ça sera un honneur...
Déborah Laurent