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"La patience et le travail paient toujours", BaliMurphy en est la preuve

BaliMurphy a réussi, à force de concerts enjoués et d'albums bien foutus, à se faire un nom sur la scène belge. Le groupe fait aujourd'hui partie de ceux qui comptent chez nous, et on ne doute pas qu'un jour, sa petite notoriété dépassera les frontières.

Habitués à faire danser leur public lorsqu'ils se produisent en live, les BaliMurphy ont l'intention de calmer le jeu le temps de deux dates, les 12 et 13 mars prochain. Ils investiront l'Atelier 210 pour des concerts intimistes, en configuration assise, chose assez rare pour eux pour que ça soit signalé. On s'attend à un bien joli moment.

Cédric Van Caillie, au chant et à la guitare, nous en parle.

BaliMurphy en configuration assise, c'est étonnant, ça!
Oui, c'est très différent d'une configuration debout. En fait, quand c'est assis, les gens ne parlent pas, ils écoutent, ils regardent, ils observent... On devrait jouer dans un grand silence. On veut développer le côté texte, qui est très important chez nous. On aimerait instaurer, pendant ces concerts, une relation particulière avec le public, pour qu'il comprenne bien les textes. On jouera les morceaux sans guitare électrique, sans basse, avec que des instruments acoustiques en fait, comme des guitares folk et on sera accompagné aussi d'un trio de cordes.

Ces concerts arrivent parce que vous trouvez le côté festif de BaliMurphy réducteur?
Non, vraiment pas. Mais on a deux facettes, une dualité entre les textes qui sont assez durs quand même puisqu'on parle de mort, de rupture, et la musique très festive. En festival, c'est toujours assez drôle de voir les gens danser alors qu'on est en train de leur dire qu'ils vont crever. Les deux côtés sont importants pour nous. On a eu l'occasion de faire beaucoup de concerts très festifs pendant l'été dernier, les concerts intimes sont beaucoup plus rares. On a travaillé avec Jean-François Spricigo, qui est donc Belge et qui a travaillé pour le cinéma. Il nous a fait quelques vidéos, qu'on projette sur certains
morceaux. C'est un peu l'idée d'un cinéma muet, avec l'esthétisme des années 30. On voudrait que le public ait les yeux et les oreilles grands ouverts.

On peut dire que vous avez vu les choses en plus grand que d'habitude?
Oui. On ne se doutait pas que ça allait prendre autant de temps. On prépare les concerts depuis un mois, à raison de 15 heures par jour, on est 25 à bosser sur le projet, pour les décors, les vidéos, on a un coach pour l'aspect scénique, on travaille en collaboration avec l'Atelier 210, qui coproduit le spectacle... On a délégué pas mal mais on supervise tout, pour que le spectacle soit convenable et cohérent. Là, c'est chouette, parce que ça se rapproche à grands pas, le décor se crée, le montage vidéo est presque fini. Tout s'emboîte bien et c'est très agréable à découvrir. Bon évidemment tout ça se fait toujours avec des bouts de ficelles au niveau financier mais on a la chance de travailler avec des gens passionnés, qui donnent beaucoup d'énergie pour que tout ça fonctionne bien.

Ce spectacle arrive aussi maintenant parce que Poussière a déjà bien vécu sur scène?
En fait, on fait les choses un à un. On a commencé par la promo, on a joué sur scène avec les musiciens de l'album et là, on avait un creux dans nos projets. Enfin, pas un vrai creux parce qu'on a beaucoup de concerts prévus, mais on connaît les chansons, on sait ce qu'on a à faire. Donc on avait de l'espace pour faire quelque chose de nouveau. C'est nécessaire pour un groupe, donc deux ou trois fois par an, on lance un projet qui mobilise toute notre attention. On a l'intention de sortir l'album en France donc on ne va pas commencer à composer pour un nouvel album maintenant. Alors pour rester éveillés malgré tout, on a ce spectacle.

Le fait justement que cet album pourrait sortir en France, c'est une première pour BaliMurphy. Ca arrive maintenant parce que vous vous estimez assez mûrs?
Cet album-là est représentatif de BaliMurphy. Avant, on n'était pas mûrs. On a fait beaucoup de choses, autant tout que n'importe quoi, on n'avait pas les moyens, on n'était juste pas assez mûrs. L'album d'avant n'était pas assez bon, au niveau des arrangements musicaux, il date d'il y a quatre ans quand même. Là, on a upgradé notre niveau, notre technique de jeu. On s'est beaucoup amélioré ces trois dernières années. On a pris le temps de réfléchir, on a un bon mastering, on a pris le temps qu'il fallait pour le mixage... Bref, on est prêts.

BaliMurphy fête ses dix ans d'existence cette année. Quel bilan tirez-vous de votre aventure?
Je parle au nom du groupe et je peux dire qu'on est très fier de notre parcours. On ne s'est jamais démonté et pourtant on s'en est pris plein la gueule. Et à raison, simplement parce qu'on n'était pas prêts, on se cherchait mais on n'a pas baissé les bras, on est des teigneux. (Il rigole) Au tout début, quand on était encore nulle part musicalement parlant, notre local a été inondé, tout notre matos était sous eau. Eh bien, le lendemain, on était dans le garage de mes parents avec des sèches-cheveux pour essayer d'arranger ce qui pouvait l'être. Plus tard, le toit d'un autre local s'est effondré. Mais on y croyait et on a bien fait, tout s'est fait naturellement. On a eu des gens jaloux mais c'est ridicule. On n'a pas eu de pistons, c'est du boulot, des sacrifices, des choix, parfois difficiles, qu'on a fait qui nous ont menés jusqu'à ici, on a fait des concerts parfois dans des conditions pourries... On a toujours été convaincu que la patience et le travail paient toujours. On a eu raison.

Déborah Laurent
06/03/09 14h52
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